Le constat est implacable. Il révèle le faible taux de capacité d’absorption des prêts contractés. Cette problématique, qu’on estimait progressivement résolue, reste le talon d’Achille de l’administration guinéenne.
Signer des accords en contractant des prêts pour la réalisation des projets identifiés est une bonne chose. Les exécuter est la seule alternative pour le développement… mais hélas ! Pire, par défaut d’exécution des prêts contractés, la Guinée se saigne pour rembourser les intérêts d’un financement non obtenu. Dommage !
C’est justement ce que l’Assemblée nationale, à travers sa très pertinente commission des finances, a dénoncé lors de la session plénière consacrée à l’adoption du budget.
Lisez le récit, telle une récrimination :
« De l’exécution des prêts contractés depuis le 5 septembre 2021. L’examen de la situation des projets financés sur ressources extérieures a révélé une faiblesse préoccupante dans l’exécution des financements mobilisés auprès des partenaires techniques et financiers.
En effet, sur un portefeuille de 55 projets représentant un montant global de 4,45 milliards de dollars américains, seulement 1,055 milliard de dollars a été décaissé. Plus préoccupant encore, sur ces 55 projets, 30 présentent un taux de décaissement inférieur à 10 %, dont 19 n’ont enregistré aucun décaissement.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la mobilisation des financements extérieurs constitue un levier essentiel pour la réalisation des infrastructures et le financement des projets de développement.
Au-delà des retards qu’elle entraîne dans l’exécution des investissements publics, cette faible capacité d’absorption expose l’État au paiement d’importantes commissions d’engagement sur les ressources non décaissées, lorsque celles-ci sont prévues par les conventions de financement. Ainsi, notre pays pourrait être amené à supporter des charges financières sur des financements dont il ne bénéficie pas encore effectivement.
Face à cette situation, l’Assemblée nationale invite le Gouvernement à prendre des mesures urgentes pour lever les obstacles à l’exécution des projets, particulièrement les 19 projets n’ayant enregistré aucun décaissement et les 11 autres dont le taux de décaissement demeure inférieur à 10 %.
À cet effet, elle recommande l’élaboration d’un calendrier précis de décaissement et d’exécution des projets concernés, assorti d’échéances, d’objectifs mesurables et d’une identification claire des responsabilités des départements ministériels et des unités de gestion des projets.
Elle recommande également de procéder à une évaluation des commissions d’engagement supportées par l’État au titre des financements non décaissés et d’instaurer un mécanisme de suivi régulier du respect de ce calendrier, avec une communication périodique des résultats à l’Assemblée nationale.
L’objectif est d’éviter que des ressources mobilisées pour financer le développement national ne deviennent une source de charges supplémentaires pour les finances publiques, sans contrepartie effective pour les populations. »
Emergencegn.net