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PLFR 2026 : assemblée nationale relève une sous-évaluation de plus de 2 700 milliards GNF dans les prévisions budgétaires

L’examen du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 met en lumière plusieurs écarts dans les estimations du gouvernement. Après analyse des données du Trésor public et des prévisions de recettes, la Commission des finances de l’Assemblée nationale a identifié d’importantes marges de réajustement, portant notamment sur les ressources de financement, les recettes fiscales et les emprunts obligataires.

La sincérité des prévisions budgétaires s’impose comme l’un des principaux enjeux de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. En application de l’article 3 de la Loi organique relative aux lois de finances (LORF), l’Assemblée nationale a procédé à une analyse approfondie des estimations de recettes et des ressources de financement présentées par le gouvernement.

À travers la Commission du Plan, des Affaires financières et du Contrôle budgétaire, les parlementaires ont notamment passé au crible les dépôts et numéraires inscrits dans les ressources de financement, les recettes fiscales et non fiscales ainsi que les différents instruments mobilisés pour couvrir les besoins budgétaires de l’État.

Les conclusions de cet examen font apparaître des écarts significatifs entre les montants initialement prévus et les ressources effectivement disponibles.

1 530 milliards GNF de ressources de financement sous-évaluées

Premier constat : les prévisions relatives aux dépôts et numéraires présentent un écart important. Alors que la loi de finances initiale (LFI) 2026 avait inscrit 4 500 milliards de francs guinéens à ce titre, le gouvernement a ramené cette estimation à 2 706 milliards GNF dans le projet de loi de finances rectificative, soit une réduction de 1 794 milliards GNF.

Cependant, l’exploitation du tableau de bord du Trésor public arrêté à fin septembre 2026 par la Commission des finances a permis de relever un niveau de ressources disponibles de 4 236 milliards GNF.

Cette situation fait ressortir une sous-évaluation de 1 530 milliards GNF par rapport au montant retenu dans le PLFR 2026. Un écart qui soulève des interrogations sur la fiabilité des hypothèses ayant servi à établir les nouvelles prévisions de financement de l’État.

445 milliards GNF de recettes supplémentaires identifiés

Les investigations parlementaires ne se sont pas limitées aux ressources de financement. Les travaux de vérification et de rapprochement des données budgétaires ont également permis d’identifier des possibilités de réévaluation à la hausse de certaines recettes fiscales et non fiscales.

Le potentiel supplémentaire dégagé par la Commission s’élève à 445 milliards GNF. Cette marge de progression pourrait ainsi permettre d’améliorer les prévisions de recettes publiques et de renforcer les capacités de mobilisation des ressources internes.

Dans le même exercice de contrôle, les parlementaires ont également relevé une sous-évaluation de 789,3 milliards GNF concernant les emprunts obligataires.

Un enjeu majeur pour la transparence des finances publiques

Au-delà des ajustements chiffrés, ces observations remettent au centre du débat la question de la qualité des prévisions budgétaires et de la transparence dans la gestion des finances publiques.

Pour l’Assemblée nationale, l’enjeu consiste à s’assurer que les ressources inscrites dans le budget correspondent autant que possible aux capacités réelles de mobilisation de l’État. Une meilleure appréciation des recettes et des instruments de financement constitue en effet un préalable à une programmation budgétaire crédible.

Les différentes corrections identifiées par la Commission des finances témoignent ainsi du rôle du contrôle parlementaire dans l’amélioration de la sincérité des documents budgétaires.

La synthèse des ajustements proposés dans le cadre du PLFR 2026 doit permettre de préciser les nouvelles marges de mobilisation des ressources publiques et de mieux encadrer le recours aux instruments de financement de l’État.

Daouda Yansané