Au cœur des ambitions économiques de la Guinée, le projet de Simandou s’impose comme l’un des plus vastes chantiers miniers et industriels du continent africain. Bien au-delà de l’exploitation du minerai de fer, il incarne une vision stratégique tournée vers la modernisation des infrastructures, la maîtrise technique et la transformation locale des ressources. Dans ce contexte, les assurances apportées par Mamadou Nagnalén sur la qualité des ouvrages, leur maintenance et les perspectives d’industrialisation viennent éclairer les enjeux majeurs d’un projet appelé à redessiner durablement le paysage économique national.
Lors d’un panel du Forum économique d’Émergence Magazine à Conakry, il a rassuré que les ouvrages en cours respectent les meilleurs standards internationaux. Le réseau ferroviaire, long de 650 kilomètres et conçu en double voie, adopte un écartement standard, gage de robustesse et de performance. À cela s’ajoutent des infrastructures portuaires d’une capacité estimée à 120 millions de tonnes d’exportation par an. L’ensemble est pensé pour durer près d’un siècle, bien au-delà de la durée d’exploitation minière initiale. Pour garantir cette qualité, l’État a investi massivement dans les dispositifs de contrôle technique, mobilisant des cabinets spécialisés de premier plan.
La maintenance constitue un autre pilier du projet. Face à des investissements évalués à environ 20 milliards de dollars, la continuité des opérations est cruciale. Plusieurs entreprises, locales et internationales, ont été mobilisées pour assurer l’entretien des installations. L’objectif est d’éviter toute interruption, chaque arrêt pouvant entraîner des pertes financières considérables.
Au-delà des infrastructures, la Guinée entend franchir une étape décisive dans la transformation de ses ressources. « Les engagements contractuels prévoient la construction d’une unité industrielle capable de produire de l’acier ou des pellets, avec une échéance fixée à 2036. Les études techniques sont en cours pour déterminer la meilleure option, en fonction des contraintes énergétiques et logistiques », a révélé l’ancien ministre Nagnalén.
Porté par des partenaires industriels de premier plan, le projet Simandou se positionne ainsi comme un levier majeur de diversification économique et d’industrialisation, traduisant une volonté politique de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Daouda Yansané