Nommée il y a un peu plus de trois mois à la tête du très stratégique ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla suscite déjà, curieusement, des résistances en raison de la rigueur qu’elle imprime à la gestion publique. Il est évident que certains, encore nostalgiques des pratiques approximatives et à une gestion de circonstance, peinent à s’adapter à cette nouvelle méthode de travail.
Ces dernières semaines, la ministre fait d’ailleurs l’objet d’attaques, souvent relayées de manière indirecte, précisément à cause de cette exigence de rigueur et de transparence qu’elle incarne.
Il faut reconnaître que le ministère des Finances, longtemps perçu comme une véritable « caverne aux trésors », a souvent traîné la réputation d’une administration où prospéraient l’immobilisme, les privilèges et certaines dérives.
Or, la nouvelle patronne des lieux semble déterminée à rompre avec les slogans faciles, les solutions simplistes et les pratiques qui ont marqué les gestions précédentes. À l’heure où les finances publiques apparaissent fortement fragilisées, leur redressement exige nécessairement des réformes profondes, du courage et une discipline budgétaire sans compromis.
Désormais, le ministère des Finances ne veut plus être une passoire ouverte aux arrangements informels. Les commissions indues dans le traitement des dossiers sont de plus en plus combattues. De même, les paiements de contrats dépourvus de couverture budgétaire semblent appelés à disparaître progressivement.
À travers la nouvelle dynamique impulsée par Mariama Ciré Sylla, l’on peut espérer une réduction significative des dépenses extrabudgétaires, souvent citées parmi les causes majeures de la crise de liquidité que connaît actuellement le pays.
Dans ce contexte, les rumeurs et campagnes de dénigrement relayées sur les réseaux sociaux, dans le but apparent de détourner la ministre de ses objectifs, paraissent vouées à l’échec.
Comme elle l’avait affirmé lors de sa prise de fonction, et comme son management le laisse déjà entrevoir, la réforme des finances publiques demeure une priorité absolue.
Le Président de la République, conscient de l’ampleur des efforts nécessaires pour redresser ce secteur stratégique, ne devrait donc pas se laisser distraire par ces polémiques dont les motivations semblent, pour beaucoup, bien connues.
Sadikou