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Carburant : la politique de l’État pour garantir la stabilité des prix pour les citoyens pourrait impacter la production minéralière

La guerre américano-iranienne, qui se déroule à des milliers de kilomètres de la Guinée, continue d’impacter l’économie nationale. Le pays, qui a perdu son principal dépôt de carburant à la suite de l’incendie qui l’a entièrement détruit il y a deux ans, vit désormais au rythme des fluctuations du prix du baril sur le marché international. En effet, les importations de produits pétroliers sont devenues quasi mensuelles.

Afin d’éviter que ces variations ne se répercutent sur le prix du litre de carburant vendu à la pompe, ce qui entraînerait une inflation généralisée des prix des biens et services, l’État a opté pour une solution particulière : faire supporter une partie du surcoût aux grands consommateurs industriels, notamment les sociétés minières.

Ainsi, alors que les citoyens achètent le litre de carburant à la pompe à 12 000 francs guinéens, soit environ 1,2 euro, les sociétés minières doivent débourser près du double. Elles paient le litre à 20 000 francs guinéens, soit environ 2 euros.

La question qui se pose désormais est de savoir jusqu’à quand cette situation pourra durer. Tout d’abord, il faut espérer que les tensions entre les États-Unis et l’Iran s’apaisent rapidement et que les négociations aboutissent à un accord permettant une circulation normale dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite plus de 20 % du commerce mondial des hydrocarbures. Ensuite, il faudra compter sur la capacité de résistance des sociétés minières, qui supportent actuellement cette charge supplémentaire.

Or, certaines entreprises minières commencent déjà à ressentir fortement les effets de cette mesure qui impacte la production , avec le cout du transport du minerai qui explose à cause du conflit en cours au proche orient.

« Il y a des sociétés qui ont suspendu leurs activités à cause des coûts de production et de transport, devenus insupportables. Nous aussi, nous risquons de faire de même », a confié à notre rédaction un responsable d’une société minière opérant dans la région de Boké.

Au regard de l’évolution de la situation, l’État pourrait bientôt se retrouver face à un véritable dilemme si la crise dans le Golfe persique se prolonge. D’un côté, il lui faut préserver la stabilité des prix à la pompe afin d’éviter une crise sociale. De l’autre, il risque de voir diminuer ses recettes fiscales et douanières à cause l’augmentation des coûts de production qui va entrainer la baisse de la production.

Emergencegn