En avril 2023, alors que l’actuel ministre de l’Énergie était encore Directeur Général de l’EDG, son conseil d’administration n’avait pas été tendre avec sa gestion. Le président du CA de l’époque, Ismaël Kéita, avait signé un rapport dénonçant une mauvaise gestion de l’entreprise, marquée notamment par un manque de visibilité dans la passation des marchés au sein de la société étatique ainsi que par des prises de participation jugées illégales.
Conséquence de cette gestion dénoncée , le courant se faisait rare dans les ménages et le délestage était devenu préoccupant.
Trois ans plus tard, Conakry renoue à nouveau avec ses vieux démons. L’électricité reste toujours un luxe pour de nombreux citoyens. Plusieurs quartiers de la capitale souffrent de coupures quotidiennes qui durent des heures, alors que cette situation, devenue récurrente il y a quelques années, semblait avoir été reléguée au rang de mauvais souvenir grâce aux efforts considérables fournis par l’État pour stabiliser la fourniture du courant.
Coïncidence malheureuse : un même homme symbolise ces deux périodes douloureuses pour les citoyens. Il s’agit de Laye Sekou Camara. À l’époque DG de l’EDG, aujourd’hui ministre de l’Énergie, il se retrouve une nouvelle fois au centre d’une crise caractérisée par une desserte irrégulière du courant.
Faut-il voir dans cette répétition des événements une simple coïncidence ? En d’autres termes, faut-il considérer que le ministre Laye Sekou Camara, qui occupait un poste décisionnel important durant ces deux périodes de perturbations de la fourniture électrique, est simplement malchanceux ? Ou faut-il plutôt y voir un problème de gestion, voire un déficit de management susceptible de remettre en cause ses compétences ? La question est aujourd’hui sur toutes les lèvres.
« À l’opposé de la crise énergétique de 2023, où l’actuel ministre, alors DG de l’EDG, avait été accablé par son conseil d’administration pour sa gestion, celle que nous traversons actuellement peut avoir des explications différentes, sans pour autant exonérer totalement le premier responsable, qui dispose d’un pouvoir de décision pouvant améliorer la situation », explique un ancien cadre du secteur de l’énergie.
Poursuivant son analyse, il ajoute :
« D’abord, il y a l’état des barrages hydroélectriques qui manquent d’eau, ce qui complique leur fonctionnement. Ensuite, il y a la situation des fournisseurs privés d’électricité qui réclament près de 200 millions de dollars de factures impayées à l’État et menacent régulièrement d’arrêter leur production. »
Dans tous les cas, la responsabilité du ministre de l’Énergie et de la direction générale de l’EDG reste engagée. Si la crise persiste, ils pourraient apparaître comme les fusibles parfaits .
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