Emergence – Les autorités guinéennes ont signé, jeudi 21 mai, un accord avec Aluminium Corporation of China Ltd, ou Chalco, pour la construction d’une raffinerie d’alumine à Boffa, à environ 150 kilomètres au nord-ouest de Conakry.
Le projet, porté par la filiale du géant chinois Chalco Guinea Company, représente un investissement global de 1,68 milliard de dollars. Selon la présidence guinéenne, près de 1,12 milliard de dollars seront consacrés aux infrastructures de raffinage.
La future raffinerie affichera une capacité de production de 1,2 million de tonnes d’alumine par an. L’accord prévoit également l’octroi de 500 bourses d’études sur une période de vingt ans, soit 25 bourses par an, dans les filières techniques et industrielles liées à l’alumine.
Selon nos informations, les travaux devraient s’étendre sur trois ans après leur lancement effectif.
Ce nouvel accord conforte la stratégie de transformation locale des matières premières défendue par le président Mamadi Doumbouya et son gouvernement.
Il s’agit du troisième projet de raffinerie d’alumine lancé en Guinée en un peu plus d’un an. Premier exportateur mondial de bauxite, le pays accélère ainsi sa politique d’industrialisation et de valorisation locale de ses ressources minières.
Le premier projet avait été lancé en mars 2025 par State Power Investment Corporation, ou SPIC. D’un coût estimé à un milliard de dollars, il prévoit une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes d’alumine, ainsi qu’une centrale électrique de 250 mégawatts et un quai maritime capable d’accueillir des navires de 35 000 tonnes. La fin des travaux est attendue en 2027.
Le deuxième projet, celui de Winning Consortium Alumina Guinea, a été lancé en décembre dernier. Porté notamment par Winning Shipping Ltd, Shandong Weiqiao et United Mining Supply, il nécessitera un investissement de 1,2 milliard de dollars pour une capacité de production de 1,2 million de tonnes d’alumine par an avec la fin des travaux prévue en 2028.
Avec cette troisième raffinerie portée par Chalco, la Guinée se rapproche de son ambition de construire cinq unités de transformation de la bauxite en alumine dans le cadre de son vaste programme de développement socio-économique dénommé « Simandou 2040. »
À travers ces projets de raffinerie, les autorités entendent rompre progressivement avec le modèle d’exportation brute des matières premières afin de bâtir une économie plus compétitive, créatrice de revenus et davantage tournée vers la transformation industrielle locale.
Samuel Camara