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Banque mondiale : la Guinée prépare son cadre financier stratégique pour la période 2027-2033.

La Guinée joue actuellement une séquence décisive de sa stratégie de financement du développement. En marge des réunions de travail avec le Groupe de la Banque mondiale à Washington, les autorités guinéennes négocient les contours du futur partenariat qui encadrera les investissements et les appuis financiers de l’institution entre 2027 et 2033.

Conduite par la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, la délégation guinéenne multiplie depuis le 22 juin les échanges avec les responsables de la Banque mondiale, à quelques jours de l’examen du dossier du pays par le Conseil d’administration de l’institution.

Au centre des discussions figure l’adoption du nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) 2027-2033, document stratégique qui définira les priorités de coopération entre Conakry et la Banque mondiale pour les sept prochaines années. Cette feuille de route devra notamment accompagner la mise en œuvre du programme Simandou 2040, considéré comme le principal levier de transformation économique du pays.

Trois projets structurants en attente d’approbation

Parallèlement aux négociations sur le futur cadre de partenariat, la Guinée sollicite l’approbation de trois projets majeurs destinés à renforcer les fondements de sa croissance.

Le premier vise le développement de l’agriculture commerciale afin d’accroître la productivité et la valeur ajoutée du secteur. Le deuxième porte sur le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures, un enjeu central pour améliorer la capacité de financement de l’État. Enfin, le troisième concerne le programme SIRA (Compétences pour l’Innovation, la Résilience et les Aspirations), conçu pour renforcer le capital humain et l’adéquation entre les compétences de la main-d’œuvre et les besoins de l’économie.

Attirer davantage de capitaux privés

Au-delà des financements concessionnels, les échanges avec les équipes de la Banque mondiale et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) visent également à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs privés.

L’objectif affiché est de mobiliser davantage de garanties et de capitaux en faveur des secteurs prioritaires, dans un contexte où la Guinée cherche à maximiser les retombées économiques du développement minier. Les autorités souhaitent notamment convertir les investissements liés au projet Simandou en moteurs durables de croissance, de création d’emplois et de diversification économique.

Une nouvelle étape dans la coopération Guinée–Banque mondiale

Avec un portefeuille actif supérieur à 2,1 milliards de dollars, la Banque mondiale demeure l’un des principaux partenaires techniques et financiers de la Guinée. Les décisions attendues dans les prochaines semaines pourraient ouvrir un nouveau cycle de coopération davantage orienté vers la compétitivité, la productivité et la transformation structurelle de l’économie nationale.

Pour Conakry, l’enjeu dépasse le simple accès aux financements. Il s’agit de construire un cadre de partenariat capable d’accompagner les ambitions de long terme du pays et de soutenir la transition vers un modèle de croissance plus diversifié et plus résilient.

Daouda Yansané