La Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG), filiale de la société américaine Ivanhoe Atlantic, s’impose progressivement comme un acteur clé du partenariat économique entre la Guinée et les États-Unis dans le domaine des minéraux critiques. Cette dynamique a été illustrée cette semaine à Washington, où les dirigeants d’Ivanhoe Atlantic ont rencontré le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, afin d’échanger sur le rôle stratégique de leurs projets miniers en Afrique de l’Ouest.
La délégation était conduite par le fondateur d’Ivanhoe Atlantic, Robert Friedland, accompagné du président exécutif de l’entreprise et ambassadeur américain (retraité), le Dr J. Peter Pham. Les discussions ont porté sur la contribution des projets développés en Guinée au renforcement des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, indispensables au développement industriel des États-Unis.
Cette rencontre est intervenue avant l’annonce de l’investissement de $ 250 millions de dollars du gouvernement américain dans l’entreprise I-Pulse, actionnaire majoritaire d’Ivanhoe Atlantic. Dans le cadre de cet investissement, le département du Commerce a obtenu une participation minoritaire sans droit de contrôle dans I-Pulse. Une décision qui traduit le soutien de Washington aux projets portés par la SMFG en Guinée.
Kon Kweni, un projet stratégique pour la Guinée
Au cœur de cette coopération figure le projet de minerai de fer ultra-haute teneur de Kon Kweni, présenté comme le gisement de minerai de fer le plus riche au monde.
Détenu à 85 % par la SMFG et à 15 % par l’État guinéen, ce projet est appelé à générer d’importantes recettes d’exportation, à consolider les relations commerciales entre la Guinée et les États-Unis et à attirer de nouveaux investissements directs étrangers.
Ivanhoe Atlantic prévoit d’investir près d’un milliard de dollars en Guinée tout au long du projet, avec l’ambition d’en faire un moteur de croissance économique durable.
Selon les promoteurs, Kon Kweni contribuera également au renforcement des chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais critiques, dans un contexte marqué par une forte concurrence internationale pour l’accès à ces ressources stratégiques.
Une coopération économique en pleine expansion
La rencontre á Washington s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement économique entre Conakry et Washington.
Plus tôt cette année, la Guinée a participé au Ministériel sur les minéraux critiques, réunissant des représentants de 54 pays et l’Union européenne autour du secrétaire d’État américain Marco Rubio et du vice-président américain J.D. Vance, afin de promouvoir la coopération dans les domaines de l’exploration, de la transformation et des investissements miniers.
Par ailleurs, la création, en 2025, de la Chambre de commerce Guinée-États-Unis constitue une nouvelle étape dans le renforcement des relations économiques bilatérales. Membre fondateur de cette organisation, la SMFG œuvre à rapprocher les investisseurs américains des entreprises guinéennes afin de favoriser les échanges commerciaux, les investissements et le transfert de compétences.
Un soutien diplomatique affirmé
Le soutien américain au projet Kon Kweni s’est également manifesté à travers la visite de la chargée d’affaires des États-Unis en Guinée, Mary Daschbach, sur le site du projet.
Dans le même temps, la SMFG a renforcé sa gouvernance avec la nomination de plusieurs anciens diplomates américains à son conseil d’administration. L’ambassadrice (retraitée) Patricia Moller a été désignée présidente du conseil, tandis que l’ambassadeur (retraité) Dr J. Peter Pham et l’ambassadeur (retraité) Tibor P. Nagy Jr. y ont également fait leur entrée.
Des retombées attendues pour l’économie guinéenne
Riche des plus importantes réserves mondiales de bauxite et de gisements de minerai de fer de classe mondiale, la Guinée entend renforcer sa position parmi les principaux fournisseurs mondiaux de minéraux critiques.
Selon les projections de la SMFG, le projet Kon Kweni devrait générer des milliards de dollars de revenus au profit de l’État guinéen. La SMFG indique que 50 % des revenus générés par le projet reviendront au gouvernement, contribuant ainsi au financement du développement économique national.
Sur le plan social, la SMFG emploie actuellement plus de 200 travailleurs directs et indirects sur le site de Kon Kweni, dans la préfecture de Lola. À terme, le projet devrait créer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects durant son cycle d’exploitation estimé à 30 ans.
Un projet en attente des dernières autorisations
Le projet Kon Kweni entre désormais dans sa phase finale de préparation. Son étude d’impact environnemental et social (EIES), ainsi que son étude de faisabilité, sont actuellement examinées par les autorités guinéennes.
La SMFG affirme poursuivre sa collaboration avec le gouvernement afin de réunir toutes les conditions nécessaires au lancement du projet, avec l’objectif de maximiser les retombées économiques pour le pays et les communautés locales.
Pour les responsables d’Ivanhoe Atlantic, la rencontre de Washington confirme l’importance croissante de la Guinée dans les discussions internationales sur les minéraux critiques. Soutenu par les États-Unis, le projet Kon Kweni est présenté comme un levier stratégique pour renforcer les relations économiques bilatérales et positionner durablement la Guinée comme un acteur majeur de la sécurité mondiale des ressources minières.
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