Émergence – Le gouvernement guinéen et le Fonds Monétaire International (FMI) viennent de conclure un accord sur un programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Ce qui devrait permettre à la Guinée de bénéficier de 310,59 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 425 millions de dollars.
Les financements seront décaissés progressivement sur une période de 41 mois, sous réserve de la réalisation des objectifs fixés dans le cadre du programme. Des revues périodiques seront ainsi organisées tous les six mois afin d’évaluer les performances économiques et financières du pays.
Le pacte sera soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du fonds, prévue en septembre prochain.
Pour les autorités guinéennes, la conclusion de cet accord constitue une étape importante dans le processus de normalisation économique et institutionnelle engagé après le retour à l’ordre constitutionnel, à la suite de l’élection présidentielle de 2025 et des élections législatives de fin mars.
Un facteur de crédibilité pour la Guinée
Au-delà du renforcement de la stabilité macroéconomique, un programme formel avec le FMI constitue un signal important pour les investisseurs et les partenaires techniques et financiers.
L’engagement du Fonds Monétaire International est susceptible de renforcer la crédibilité, la confiance et la visibilité de l’économie guinéenne auprès des investisseurs, notamment ceux qui attendaient des garanties supplémentaires avant de s’engager davantage dans le pays. Et ce, en dépit du lancement du gigantesque projet Simandou et ses retombées attendues.
Cet effet d’entraînement pourrait faciliter la mobilisation de nouveaux investissements ainsi que de financements extérieurs à des taux plus compétitifs.
Désormais très attractive, la Guinée pourrait également renouer plus rapidement avec certains partenaires qui attendaient la reprise d’un cadre formel de coopération avec les institutions de Bretton Woods.
Plus de ressources pour les secteurs prioritaires
L’entrée dans le programme devrait également permettre au gouvernement guinéen de mieux orienter les ressources publiques vers les secteurs jugés prioritaires, notamment la santé, l’éducation et les transports.
Le volet social occupera également une place importante. En profitant des conseils du FMI dans le cadre du programme, la Guinée devrait procéder à une meilleure identification des populations économiquement vulnérables et à la mise en place de mécanismes d’assistance adaptés à leurs besoins.
Par ailleurs, le partenariat va favoriser une meilleure rationalisation des dépenses publiques et renforcer la qualité de la gestion budgétaire.
L’élargissement de l’assiette fiscale
L’un des principaux défis du programme sera d’aider la Guinée à accroître ses recettes fiscales afin de disposer de plus de ressources pour faire face aux besoins de son développement.
Cette ambition ne signifie toutefois pas nécessairement une augmentation des taux d’imposition pour les contribuables. L’une des pistes privilégiées consiste plutôt à élargir l’assiette fiscale, notamment en renforçant les capacités de la Direction générale des impôts et en améliorant l’efficacité de l’administration fiscale. La formalisation progressive d’un plus grand nombre d’entreprises actuellement actives dans le secteur informel devrait ainsi permettre d’élargir le nombre de contribuables et de mieux répartir l’effort fiscal.
À travers cet accord, la Guinée cherche ainsi à consolider ses équilibres macroéconomiques, améliorer la gestion de ses finances publiques et créer un environnement davantage propice à l’investissement et à la croissance.
Samuel Camara