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Carburant : la facture salée pour l’État guinéen qui va renoncer à plus de 4 576,7 milliards GNF de recettes 

Emergence – Le maintien du prix du carburant à 12 000 francs guinéens le litre a un prix pour l’Etat guinéen. Dans le cadre du projet de Loi de finances rectificative (PLFR) 2026, le gouvernement chiffre à 4 576,7 milliards de francs guinéens les recettes auxquelles l’État va devoir renoncer au titre des mesures appliquées aux produits pétroliers. Cette décision vise à contenir l’impact de la flambée des cours internationaux de l’énergie sur les ménages, les transporteurs et les entreprises.

Cette mesure intervient dans un contexte international marqué par le conflit entre les États-Unis et l’Iran et ses répercussions sur le marché pétrolier, notamment à travers les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial des hydrocarbures. La perturbation des flux et la volatilité des cours internationaux font peser un risque supplémentaire sur les économies importatrices de produits pétroliers. Devant les députés, le gouvernement guinéen a ainsi expliqué que la crise au Moyen-Orient avait contribué à accentuer les pressions sur les prix de l’énergie et les perspectives d’inflation.

Au-delà des 4 576,7 milliards de GNF de recettes non perçues, le dispositif prévoit également une provision de 913 milliards de francs guinéens destinée au mécanisme de stabilisation des prix des produits pétroliers. L’effort global atteint ainsi 5 489,7 milliards de GNF, soit près de 10 % des recettes fiscales prévues dans le budget rectificatif. Il ne s’agit toutefois pas d’une dépense unique directement versée aux consommateurs : une partie correspond à des recettes auxquelles l’État renonce et l’autre à une provision budgétaire destinée à absorber les éventuelles variations des prix.

Pour les autorités guinéennes, le choix de maintenir le litre à 12 000 GNF constitue donc un arbitrage budgétaire majeur entre la protection du pouvoir d’achat et la préservation des ressources publiques. Alors que les recettes mobilisées au 15 octobre 2026 atteignaient 44 225 milliards de GNF, le gouvernement devra intégrer le coût de ce dispositif dans ses équilibres budgétaires, dans un contexte où le projet de LFR ramène le déficit prévisionnel à 2,01 % du PIB. Le texte est actuellement soumis à l’examen de l’Assemblée nationale, avec des travaux annoncés jusqu’au 7 novembre.

Samuel Camara