« Aucun partenaire ne pourrait investir son argent dans ce service dans son état actuel », nous confiait récemment un travailleur de la SEG. Cette déclaration en dit long sur l’état d’abîme de la société.
Pourtant, le directeur général sortant présentait un profil qui semblait idéal pour relever les défis . Ancien cadre de la SEG, ayant gravi tous les échelons de la hiérarchie, il était censé connaître parfaitement les problèmes et les priorités du secteur.
Parmi ces défis figurait notamment la relance du quatrième projet d’eau, destiné à fournir de l’eau potable à Conakry et à ses environs. Il suffisait, dans un premier temps, de lancer l’exécution de la première phase du projet, évaluée à 340 millions de dollars, dont la moitié du financement était déjà acquise. La convention de prêt avait d’ailleurs été ratifiée depuis 2020. Nous reviendrons sur ce dossier révélateur, selon certains observateurs, du manque de vision des responsables en charge du secteur de l’eau.
Mais rien de tout cela n’a été concrétisé. Alors que sa nomination avait suscité beaucoup d’espoir, tant son profil faisait presque l’unanimité grâce à son expérience et à ses qualités intellectuelles. Cet espoir s’est rapidement transformé en désillusion.
Selon plusieurs travailleurs, jamais la SEG n’avait connu un tel niveau de dégradation. L’espoir de fournir durablement de l’eau potable aux populations s’est progressivement effrité. Plus largement, c’est l’espoir même de relancer une entreprise qui n’a jamais véritablement répondu aux attentes des citoyens qui s’est évanoui.
Pour beaucoup, le directeur sortant, Mamadou Nassiou Diallo , a contribué à accélérer le déclin d’un service qui fonctionne désormais à vau-l’eau.
Aucun projet d’envergure n’est aujourd’hui en perspective, hormis quelques financements ponctuels destinés à maintenir l’entreprise en vie. Mais même cela semble insuffisant. Le manque de carburant est signalé sur plusieurs sites, les installations continuent de se détériorer, les salaires sont payés avec de longs retards et plusieurs promesses faites aux travailleurs n’ont jamais été tenues.
Bref, tous les ingrédients semblent réunis pour maintenir l’entreprise dans un état de mort cérébrale.
C’est dans ce contexte que le Président de la République a nommé un nouveau directeur général, lui aussi ancien cadre de la société au service informatique.
Algassimou Dioubaté est désormais le nouveau patron de la SEG. Fils de l’ancienne ministre de l’Énergie sous le régime de Lansana Conté et frère cadet de l’homme d’affaires Kasus Dioubaté, il hérite d’une mission particulièrement difficile.
Pour y parvenir il doit se démarquer de son prédécesseur. Rassurer les travailleurs ainsi que les partenaires techniques et financiers. Il devra ensuite relancer rapidement les projets prioritaires et restaurer la confiance autour de l’entreprise.
A cet effet, il lui faudra être à l’écoute, s’entourer de compétences reconnues et mobiliser des ressources humaines de qualité capables de l’aider à relever cet immense défi.
Emergencegn.net