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Port autonome : on en sait un peu plus sur le limogeage du DG sortant

Emergence – La semaine dernière, le 6 mars pour être précis, le Président de la République a limogé le directeur général du Port autonome de Conakry, alors qu’il était en mission à l’étranger, a-t-on appris. Mamadou Biro Diallo, c’est son nom, a été remplacé par Aly Koïta, qui était jusque-là son adjoint.

Remplacer un directeur général d’un service par son adjoint est un fait inhabituel dans la gouvernance du président Mamadi Doumbouya, ce qui a eu le mérite de susciter des interrogations au sein de l’opinion. La principale question sur toutes les lèvres était de savoir ce que le DG sortant avait fait pour mériter un tel désaveu.

À ce propos, la réponse se trouve dans la situation que traverse actuellement le port : une congestion aux conséquences incalculables sur l’économie nationale.
Le constat est que, depuis des mois, la direction générale a été incapable de trouver une solution à cette situation assez pénalisante pour le trafic et la fluidité des opérations. Les soutiens se barricadent derrière l’argument du flux lié à l’exploitation du projet Simandou, alors que cela est loin de constituer une excuse.

À vrai dire, il s’agit d’un véritable goulot d’étranglement pour notre économie, d’autant plus que la fiscalité de porte, qui constitue l’une des principales sources de revenus de l’État, en est fortement impactée.

Des bateaux n’arrivent plus à accoster. Les commerçants ont du mal à sortir leurs marchandises. Les plus chanceux attendent des mois avant d’y parvenir. Les plus malheureux perdent leurs marchandises périssables. C’est le triste bilan laissé par le DG sortant.

Pour alléger l’impact de la congestion du port sur les commerçants, le président Mamadi Doumbouya a jugé utile de suspendre les surestaries, privant ainsi les caisses de l’État d’une autre source de recettes.

D’ailleurs, le problème était loin de trouver une solution sous la direction de Mamadou Biro Diallo., comemnre-t-on dans les allées du port.  On apprend à cet effet qu’il y a aujourd’hui près de 14 000 conteneurs vides  jonchant les parcs, réduisant considérablement les espaces disponibles.

Dans les couloirs du port, on entend également que le DG sortant avait un problème de management, aggravé par son goût prononcé pour les missions à l’étranger.

« Il était trop absent de son bureau. Toujours en mission. Chaque fois que vous veniez pour le voir, on vous disait qu’il avait voyagé », raconte-t-on.

Un autre ironise en affirmant que lorsque les frais de mission varient entre 10 000 et 15 000 dollars, selon les destinations, il devient difficile de rester tranquille au bureau… et encore moins de déléguer.

Dans ces conditions, les défis pour le nouveau DG, Aly Koïta, s’annoncent titanesques. L’urgence est de parvenir à décongestionner le port afin que le trafic reprenne normalement.

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