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Orpaillage illégal en Guinée : le Burkina Faso met en garde contre les représailles sur son territoire

Emergence – Les autorités burkinabè ont appelé vendredi 6 novembre à l’apaisement et à la retenue, après le retour massif de leurs ressortissants contraints de quitter les zones d’orpaillage de Haute-Guinée, à la suite de la décision de Conakry de mettre fin à l’exploitation aurifère illégale, notamment dans la préfecture de Siguiri.

Cet appel intervient dans un contexte de tensions suscitées par des appels aux représailles lancés au Burkina Faso contre les ressortissants guinéens. Certains citoyens burkinabè réclament en effet l’expulsion de Guinéens vivant dans leur pays, en réaction au départ de plusieurs milliers de leurs compatriotes des sites d’exploitation artisanale de l’or en Haute Guinée, région frontière avec le Mali voisin.

Face à ces menaces, le gouvernement burkinabè a tenu à rassurer la communauté guinéenne. « À ceux qui lancent des messages qui vont dans le sens de représailles, je voudrais les appeler au calme et à la retenue, et rassurer toutes les communautés, et particulièrement la communauté guinéenne, qu’ils sont ici, au Burkina Faso, chez eux », a déclaré le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, ministre de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale.

Elle a assuré qu’aucun ressortissant guinéen ne devrait être inquiété et que des dispositions seraient prises pour garantir la sécurité des communautés étrangères.

Le gouvernement burkinabè a par ailleurs pris ses distances avec les appels à l’expulsion des Guinéens, affirmant n’être associé ni de près ni de loin à ces initiatives. « Nous restons profondément africains, profondément panafricanistes, et toutes les communautés sont les bienvenues au Burkina Faso », a insisté la ministre Kaboré.

Pour rappel, le 2 novembre dernier, les autorités guinéennes ont annoncé le déploiement des forces de défense et de sécurité dans la zone aurifère de Siguiri afin de mettre un terme à l’exploitation anarchique de l’or. Cette opération fait suite à des missions de contrôle ayant révélé une dégradation environnementale préoccupante, marquée notamment par la destruction des sols, la dégradation des terres agricoles et la pollution des cours d’eau.

L’annonce a provoqué spontanément le départ massif de ressortissants étrangers qui exerçaient dans les sites d’orpaillage concernés. Le gouvernement burkinabè dit s’attendre à l’arrivée d’environ 50 000 de ses ressortissants.

Samuel Camara