Emergence – Après le minerai, le Transguinéen se prépare au transport de voyageurs. Les autorités guinéennes ont symboliquement inauguré, lundi 12 octobre, le train des voyageurs qui va circuler sur le chemin de fer long de 650 km qui relie le gigantesque gisement de fer enfoui dans le sud-est de la Guinée à la côte atlantique.
Le voyage inaugural a transporté le président Mamadi Doumbouya ainsi qu’une centaine d’invités, au départ du port de Morebaya, dans la région de Boké, jusqu’à Kassa, dans la sous-préfecture de Ouré-Kaba, en région de Mamou. Le convoi a parcouru plus de 100 kilomètres sur une infrastructure principalement conçue pour l’évacuation du minerai de fer de Simandou. Une mise à l’épreuve grandeur nature qui ouvre des perspectives pour la diversification des usages du rail en Guinée.
Au-delà de sa portée symbolique, ce premier essai confirme surtout le caractère multi-usages et multi-usagers du TransGuinéen. Conçu pour répondre en priorité aux besoins logistiques du projet Simandou, le corridor ferroviaire va également servir au transport de voyageurs et, à terme, contribuer à améliorer la mobilité entre toutes les régions du pays.
Cette diversification des usages constitue un enjeu économique important pour la Guinée. Elle pourrait permettre de mieux valoriser une infrastructure lourde dont la vocation première est liée au secteur minier, tout en offrant une nouvelle alternative au transport routier. La mise en place d’un service régulier dépendra toutefois des conditions techniques, opérationnelles et commerciales qui seront arrêtées par la Compagnie du TransGuinéen et les autorités compétentes.
À ce stade, les dirigeants de la Compagnie du TransGuinéen n’ont pas précisé si ce voyage inaugural sera rapidement suivi par le lancement d’un service commercial de transport de voyageurs. L’essai constitue néanmoins un signal sur les possibilités d’exploitation élargie du réseau ferroviaire à partir de 2027.

À l’issue du trajet, le président Mamadi Doumbouya a exprimé sa satisfaction et sa fierté face à la réalisation de l’infrastructure. Il a notamment souligné le franchissement, à hauteur de Kindia, d’un tunnel ferroviaire à double voie de près de 12 kilomètres, conçu, construit et mis en service en moins de trois ans.
« À hauteur de Kindia, nous avons traversé un tunnel ferroviaire à double voie de près de 12 kilomètres, conçu, construit et mis en service sur notre sol en moins de trois ans », a déclaré le chef de l’État. « Pendant des décennies, nos richesses sont restées enfouies sous nos pieds, objet de promesses sans lendemain. Ce temps est révolu. Aujourd’hui, c’est la Guinée qui fixe le cap, la Guinée qui définit les règles, la Guinée qui décide de l’avenir de ses ressources », a ajouté le Chef de l’état.
Pour la Guinée, le TransGuinéen dépasse ainsi progressivement sa seule vocation minière. L’enjeu consiste désormais à transformer cette infrastructure stratégique en un véritable corridor de transport capable de soutenir à la fois la logistique minière, la mobilité des personnes et, plus largement, l’intégration économique des territoires traversés.

Samuel Camara