Les coûts des importations en Guinée ont connu une hausse spectaculaire en avril 2026, portés principalement par l’augmentation des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux. Et personne ne peut douter que cette situation est provoquée par la crise au proche orient avec la fermeture du détroit d’Ormus par m’Iran.
Selon les dernières données économiques disponibles, l’indice des prix à l’importation a progressé de 10 % sur un mois, marquant l’une des plus fortes variations enregistrées depuis le début de l’année.
Cette envolée est largement imputable aux produits minéraux, dont les prix ont bondi de 35,5 % par rapport à mars. Les produits pétroliers importés depuis plusieurs partenaires commerciaux, notamment les Pays-Bas, Singapour, la Belgique et le Togo, ont fortement contribué à cette hausse, dans un contexte de tensions persistantes sur les coûts d’approvisionnement énergétique.
D’autres catégories de produits ont également enregistré des augmentations significatives. Les prix des papiers et articles dérivés ont progressé de 23,2 %, tandis que ceux des animaux vivants et produits du règne animal ont augmenté de 5,9 %, renforçant la dynamique inflationniste observée sur les importations.
Une hausse annuelle encore contenue
Malgré cette forte progression mensuelle, l’évolution des prix à l’importation reste relativement modérée sur une base annuelle. En avril 2026, l’indice affiche une hausse de seulement 0,1 % par rapport à avril 2025.
Cette stabilité apparente masque toutefois des tensions plus marquées sur certains segments du marché. Les produits dits « sous-jacents », qui excluent les composantes les plus volatiles, enregistrent une augmentation de 21,9 % en glissement annuel, signe d’une pression inflationniste persistante sur plusieurs catégories de biens importés.
Des exportations stables mais fragilisées sur un an
À l’inverse, les prix des produits exportés par la Guinée sont demeurés globalement stables en avril par rapport au mois précédent. Cette stabilité mensuelle contraste cependant avec l’évolution observée sur un an.
Les prix à l’exportation affichent en effet un recul de 2,4 % en glissement annuel, pénalisés par la baisse de plusieurs produits clés. Les graisses et huiles enregistrent la plus forte contraction avec une chute de 41,4 %, suivies des produits du règne végétal (-20,2 %) et des métaux communs et ouvrages (-18,5 %).
Une légère progression depuis le début de l’année
Malgré ces contreperformances, les exportations guinéennes conservent une évolution positive sur les quatre premiers mois de l’année. Entre janvier et avril 2026, les prix à l’exportation affichent une progression cumulée de 0,7 %, témoignant d’une certaine résilience du secteur exportateur face à la baisse des cours de plusieurs produits.
L’évolution contrastée des prix à l’importation et à l’exportation illustre les défis auxquels l’économie guinéenne reste confrontée. Alors que la facture énergétique continue de peser sur les coûts d’approvisionnement, le maintien de la compétitivité des exportations demeure un enjeu majeur pour l’équilibre des échanges extérieurs du pays.
Daouda Yansané