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Assainissement, eau et hydrocarbures : le ministre Aboubacar Camara fait le point sur les priorités et réformes.

Assainissement, eau et hydrocarbures : le ministre Aboubacar Camara fait le point sur les priorités et réformes

À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce lundi 8 juin, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a présenté l’état d’avancement des actions menées ainsi que les principaux défis auxquels son département est confronté.

Devant un parterre de journalistes et de partenaires, le ministre a souligné que cet exercice ne constitue pas une simple célébration, mais plutôt un cadre d’échanges et de dialogue entre l’État, les médias, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les citoyens.

« Il s’agit avant tout d’un moment d’échange autour des questions essentielles que porte notre département, afin de savoir où nous en sommes et où nous voulons aller », a déclaré le ministre.

Le département couvre trois secteurs stratégiques : l’assainissement, l’eau potable et les hydrocarbures. Des domaines qui touchent directement la vie quotidienne des populations à travers la santé publique, la dignité humaine, la protection de l’environnement, le développement économique et la stabilité sociale.

Des décennies de sous-investissement dans l’assainissement

Dans le secteur de l’assainissement, les autorités reconnaissent faire face aux conséquences de plusieurs décennies de sous-investissement, aggravées par l’insuffisance des infrastructures et des mécanismes de gestion adaptés.

La situation de la décharge de Dar-Es-Salam, qui approche aujourd’hui de ses limites, illustre l’ampleur des défis à relever. À cela s’ajoutent les difficultés liées au drainage des eaux, à la collecte et à la pré-collecte des déchets, ainsi qu’au développement de l’économie circulaire et de la valorisation des déchets.

Pour répondre à ces enjeux, le ministère a engagé la révision de la politique nationale d’assainissement ainsi que des schémas directeurs du secteur. Ces documents stratégiques intègrent notamment les objectifs du Programme d’assainissement à l’horizon 2040 et tiennent compte de la forte croissance démographique du pays.

L’accès à l’eau potable demeure une priorité

Dans le domaine de l’eau potable, les besoins restent considérables. Des millions de Guinéens n’ont toujours pas accès de manière durable à une eau de qualité.

Les autorités indiquent que plusieurs projets sont en cours d’exécution et progressent progressivement, même si les attentes des populations demeurent très fortes après de nombreuses années de difficultés.

Concernant l’hydraulique rurale, une annonce majeure est attendue de la part de la Direction générale du Service national d’aménagement des points d’eau (SNAPE). Cette initiative devrait permettre d’améliorer significativement l’approvisionnement en eau dans plusieurs localités rurales.

Le ministère rappelle que le président de la République avait insisté, lors d’une précédente allocution, sur la nécessité d’accélérer les investissements dans les zones rurales. Cette orientation fait suite aux constats établis lors des missions d’immersion effectuées à l’intérieur du pays.

« Si les difficultés d’accès à l’eau sont importantes dans les centres urbains, la situation est également préoccupante dans les zones rurales », ont souligné les responsables du département.

Le gaz butane au cœur de la stratégie énergétique

Dans le secteur des hydrocarbures, le ministère met en avant l’inauguration, en début d’année, de l’usine de requalification des bouteilles de gaz de Konta. Cette infrastructure, présentée comme l’une des plus importantes d’Afrique de l’Ouest dans son domaine, vise à renforcer la sécurité des équipements et à favoriser l’utilisation du gaz butane par les ménages.

Selon lui, la démocratisation du gaz butane représente un enjeu à la fois sanitaire, économique et environnemental. Elle doit notamment permettre de réduire l’exposition prolongée des femmes aux fumées issues de la cuisson au bois et au charbon.

« Pendant des décennies, nos mères ont été exposées aux émissions nocives produites lors de la cuisson. Les effets ne sont pas toujours visibles immédiatement, mais leurs conséquences sur la santé sont réelles à long terme », a expliqué le ministre.

Le développement de l’utilisation du gaz butane devrait également permettre aux femmes et aux jeunes filles de gagner du temps dans leurs activités quotidiennes.

Vers la fermeture de la décharge de Dar-Es-Salam

Face aux nombreux défis identifiés, le ministère affirme avoir engagé plusieurs réformes structurantes. Parmi les projets majeurs figure la fermeture progressive de la décharge de Dar-Es-Salam.

Les autorités estiment que cette décharge constitue aujourd’hui une contrainte majeure pour la politique nationale de gestion des déchets, malgré les investissements réalisés ces dernières années.

« Nous ne sommes pas là pour expliquer ce que nous avons trouvé. Si nous avons accepté cette responsabilité, c’est parce que nous sommes convaincus qu’il est possible d’apporter des solutions adaptées aux préoccupations des populations », a conclu le ministre.

Le gouvernement entend ainsi poursuivre les réformes engagées dans les secteurs de l’assainissement, de l’eau et des hydrocarbures afin d’améliorer durablement les conditions de vie des citoyens et de soutenir le développement du pays.

Daouda Yansané