L’annonce de l’homologation provisoire du stade du 28-Septembre ne peut mettre un voile sur le coût jugé exorbitant de sa rénovation. Bien que cette décision de la CAF, longtemps attendue, permette à notre équipe nationale de revenir jouer à domicile, après plus de quatre ans durant lesquels elle a été une branloire pérenne à la recherche de terrains de football entre le Maroc et la Cote d’ivoire pour y disputer ses matches à « domicile »
Les chiffres donnent le tournis. Selon les documents relatifs au contrat signé en 2023 par le ministre Lansana Béa Diallo, y compris les avenants qui ont considérablement alourdi la facture, le coût global de la rénovation et de l’extension des stades du 28-Septembre et de Nongo s’élèverait à plus de 400 millions de dollars, dont près de la moitié serait destinée au stade du 28-Septembre.
Et l’on apprend qu’à ce jour, 225 millions de dollars auraient déjà été décaissés au titre de ces travaux de rénovation, qui, faut-il le preciser , n’ont connu une véritable accélération que récemment, à la faveur de la nomination du ministre Cellou Baldé, qui en a fait une priorité à la tête du département des Sports.
Comme on peut le lire sur une page Facebook présentée comme étant celle de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, rappelant éloquemment que chaque franc public doit être géré avec « rigueur, transparence et responsabilité », ces chiffres, absolument hallucinants, doivent interpeller à juste raison.
Surtout lorsque des ingénieurs spécialistes nous apprennent qu’avec une enveloppe de 400 millions de dollars, il serait possible de construire trois à quatre stades ultramodernes, dotés de toutes les commodités, pour un coût estimé entre 100 et 120 millions de dollars par stade.
Lorsqu’on annonce, sur la même page Facebook attribuée à la ministre Mariama Ciré Sylla, en charge des engagements contractuels de l’État, que « le temps des pratiques qui appauvrissent l’État est révolu », il est difficile de ne pas considérer que ce contrat qui fait jaser devra être soumis à la volonté exprimée par les plus hautes autorités, qui prônent désormais « une gestion publique plus saine, plus rigoureuse au service du développement ».
Le Premier ministre Bah Oury entend incarner ce modèle de gouvernance au nom de son patron du palais Mohamed V, à travers un audit de grande envergure de tous les contrats passés par l’État depuis 2021.
Les entreprises adjudicataires de ces contrats, tout comme les autorités qui les ont attribués, sont donc d’ores et déjà averties. Car au-delà de l’homologation provisoire , c’est la gestion des deniers publics et la justification de chaque franc engagé qui concentrent désormais toutes les attentions.
Mognouma