Emergence – La Guinée a perdu 0,1 point au classement CPIA 2024 de la Banque mondiale publie qui évalue chaque année les politiques et institutions nationales des pays éligibles à l’aide de l’IDA (Association internationale de développement).
La Guinée enregistre 3,3 points en 2024 contre 3,4 points successivement en 2023 et 2022.
La Banque mondiale explique que la note CPIA moyenne des pays d’Afrique subsaharienne éligibles à l’IDA est restée globalement similaire au niveau moyen de 3,1 en 2023. Les notes moyennes de neuf pays ont diminué, tandis que les notes de dix pays ont augmenté.
Le recul de 0,1 point de la Guinée est imputable à une diminution du niveau de la politique budgétaire et de la qualité de la gestion budgétaire et financière. Elle se retrouve dans cette catégorie avec la République centrafricaine, le Mozambique, le Niger, le Sénégal et la Sierra Leone.
La Banque mondiale pointe du doigt une politique budgétaire qui reste pour l’heure axée sur les dépenses courantes contrairement à certaines nations qui se focalisent de plus en plus sur les investissements dans les infrastructures. « La Mauritanie ajuste la composition de ses dépenses conformément à la stratégie de croissance à moyen terme du pays afin de donner la priorité aux services publics essentiels dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures. En revanche, malgré de récentes améliorations apportées aux dépenses d’investissement, les dépenses de la Guinée restent axées sur les dépenses courantes, ce qui limite la disponibilité des fonds pour la réalisation des investissements nécessaires dans les infrastructures liées à des services clés tels que l’éducation, la santé et les routes », note l’institution dans un rapport publié ce mois de juillet.
La Guinée réalise des performances dans la mise en œuvre d’une politique monétaire rigoureuse ainsi que d’un régime de taux de change exemplaire.
A contrario, le pays a péché au niveau des dépenses dont le niveau demeure faible du fait dune mobilisation insuffisante des recettes intérieures, limitant les dépenses publiques. De même, la qualité de la fourniture de biens publics est restée insuffisante pour soutenir la croissance. « La faible mobilisation des recettes ainsi que l’inefficacité des dépenses limitent les investissements dans le capital physique et humain”, déplore le document qui ajoute que “bien que l’accès à l’information soit garanti par la constitution, l’absence de lois opérationnelles contribue à la persistance des problèmes de gouvernance. »
Samuel Camara