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Gabon : gèle des exonérations suite à  une  perte   de 283 milliards FCFA de recettes 

Le Gabon durcit le contrôle des avantages fiscaux et douaniers. Le gouvernement a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre l’octroi de nouvelles exonérations, après avoir enregistré un manque à gagner de 283,2 milliards de FCFA au premier semestre 2026. Une mesure qui ouvre la voie à une réévaluation en profondeur des dispositifs d’incitation accordés aux opérateurs économiques.

Le gouvernement gabonais serre la vis sur les exonérations fiscales et douanières. Les autorités ont annoncé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de l’octroi de nouveaux avantages prévus dans les conventions et décisions accordant des exemptions fiscales ou douanières.

La mesure s’étend également aux exonérations déjà accordées par voie administrative. Elle intervient dans un contexte de pression accrue sur les recettes publiques et de volonté affichée par les autorités de mieux mesurer le coût réel des dispositifs dérogatoires pour le budget de l’État.

Plus de 283 milliards FCFA de recettes non perçues

Selon les données du ministère de l’Économie et des Finances, les exonérations ont représenté un manque à gagner de 283,2 milliards de FCFA au cours des six premiers mois de 2026.

Les douanes concentrent la majeure partie de cette perte de recettes, avec 209,239 milliards de FCFA de recettes non perçues. Les services fiscaux sont, pour leur part, à l’origine de 74,038 milliards de FCFA supplémentaires.

À travers la suspension annoncée, le gouvernement entend disposer d’une meilleure visibilité sur les avantages consentis aux entreprises et sur leur contribution réelle à l’activité économique.

Un audit sur la période 2023-2026

Pour aller plus loin, un audit couvrant la période 2023-2026 doit être réalisé. L’objectif sera notamment d’identifier les bénéficiaires des exonérations, d’évaluer les contreparties obtenues et de mesurer leur impact sur l’économie ainsi que sur les finances publiques.

Les conclusions de cet audit sont attendues dans les prochains mois. Elles devraient fournir aux autorités des éléments pour déterminer les dispositifs dont la pertinence économique justifie le maintien et ceux qui pourraient être révisés.

Cette démarche intervient après une première alerte sur le coût budgétaire des exonérations. En 2025, le Gabon avait évalué à plus de 1 000 milliards de FCFA sur trois ans le manque à gagner associé à ces mécanismes.

Vers une révision des avantages dans le budget 2027

La suspension actuelle pourrait ainsi constituer la première étape d’une réforme plus large. Le gouvernement prévoit en effet de revoir certaines mesures d’incitation fiscales et douanières dans le cadre de la loi de finances 2027.

L’enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre l’attractivité économique du pays et la nécessité de préserver les recettes publiques. Les exonérations peuvent constituer un instrument d’accompagnement de l’investissement, mais leur coût pour l’État doit être mis en regard des emplois créés, des investissements réalisés, des recettes générées et, plus largement, des retombées économiques obtenues.

Avec cette décision, les autorités gabonaises entendent donc passer d’une logique d’octroi d’avantages à une approche davantage fondée sur l’évaluation de leur efficacité et de leur coût pour les finances publiques.

Daouda Yansané