Une mission gouvernementale s’est rendue ce samedi 19 septembre sur le site de l’usine de fabrication et de recalibrage de bouteilles de gaz de Konta, à Forécariah, afin d’évaluer les capacités de production et les enjeux liés à l’approvisionnement du marché guinéen. La visite intervient dans un contexte de forte progression de la demande en gaz domestique et de volonté des autorités de renforcer la production locale.
Le gaz domestique occupe une place de plus en plus importante dans les habitudes de consommation des ménages guinéens. Selon les données présentées lors de la visite, la demande nationale est passée de 1 900 tonnes en 2021 à une prévision de 9 000 tonnes pour 2025.
C’est dans ce contexte qu’une mission gouvernementale s’est rendue à l’usine de fabrication et de recalibrage de bouteilles de gaz de Konta. La délégation comprenait notamment des représentants du gouvernement, dont le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget et celui l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures ainsi que des conseillers, parmi lesquels Mamaissata Kaba, conseillère principale du ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures.
Sécuriser l’approvisionnement et réduire la dépendance au charbon de bois
La mission avait notamment pour objectif de mieux comprendre la chaîne nationale d’approvisionnement en gaz et d’identifier les moyens de répondre à la hausse de la demande.
Au-delà de la question de l’approvisionnement, les autorités mettent en avant des enjeux économiques, sanitaires et environnementaux. La promotion du gaz domestique doit notamment contribuer à réduire le recours au charbon de bois et au bois de chauffe, avec pour objectif de préserver la couverture végétale tout en limitant les effets liés à l’utilisation de combustibles traditionnels.
Pour Mamaissata Kaba, la visite a permis de constater les avancées enregistrées par l’usine de Konta, tout en identifiant les contraintes qui limitent encore son fonctionnement à pleine capacité.
Des contraintes électriques qui affectent la production
Mise en place pour contribuer à sécuriser l’approvisionnement du marché guinéen en bouteilles de gaz, l’usine de Konta affiche, selon les responsables du projet, un bilan globalement satisfaisant.
L’infrastructure reste toutefois confrontée à plusieurs difficultés opérationnelles, notamment liées à l’alimentation électrique. Ces contraintes perturbent le fonctionnement continu de l’usine et limitent sa capacité à exploiter pleinement ses installations.
Un accompagnement du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget est envisagé afin de permettre à l’entreprise de renforcer ses capacités opérationnelles. Cet appui devrait notamment passer par un apurement de certaines obligations financières, selon les informations communiquées lors de la visite.
FAPGAz : une capacité annoncée d’un million de bouteilles par an
L’usine est exploitée par FAPGAz, dirigée par Kaman Sadji Diallo. Selon le directeur général, l’infrastructure s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer l’accès des populations au gaz domestique et à contribuer à la réduction de la consommation de bois de chauffe.
Implantée sur une superficie de 21 hectares, l’unité dispose d’un dépôt principal d’une capacité annoncée de 7 000 tonnes. Un dépôt tampon supplémentaire est également prévu, avec une mise en service annoncée d’ici la fin de l’année.
En matière de production, FAPGAz annonce une capacité annuelle pouvant atteindre 1 million de bouteilles de gaz, avec un effectif d’environ 75 salariés.
Des bouteilles de 6 et 12 kg, bientôt des formats destinés aux professionnels
La production actuelle porte principalement sur les bouteilles de 6 kg et 12 kg, qui répondent aux besoins des ménages.
L’entreprise prévoit également d’élargir sa gamme avec des bouteilles de 25 kg et 50 kg, destinées notamment aux professionnels des secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et de l’industrie minière.
Cette diversification doit permettre à FAPGAz de répondre à une demande plus large et d’accompagner l’évolution du marché guinéen du gaz.
Une ambition qui dépasse le marché guinéen
Au-delà du marché national, FAPGAz affiche également des ambitions sous-régionales. L’entreprise indique travailler avec des partenaires dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, au Sénégal et en Guinée-Bissau.
Cette ouverture régionale pourrait offrir de nouveaux débouchés à la production locale et renforcer l’intégration de l’industrie guinéenne dans les chaînes de valeur sous-régionales.
La production locale au cœur de la stratégie économique
La fabrication locale des bouteilles de gaz est également présentée comme un levier de réduction de la facture liée aux importations. Selon les informations communiquées lors de la visite, une bouteille de gaz importée peut coûter environ 25 dollars.
Le développement d’une capacité industrielle nationale doit ainsi permettre de réduire la dépendance aux importations, de maintenir davantage de valeur ajoutée sur le territoire et de soutenir la création d’emplois locaux.
Pour les autorités et les responsables de FAPGAz, le développement de cette filière constitue donc à la fois un enjeu d’approvisionnement, un projet industriel et un élément de la stratégie de souveraineté économique du pays.
Emergence