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Délestage à Conakry : dame nature appelée au secours

Émergence – L’enfer du département de l’énergie. La maison des urgences, des crises et des nuits toujours trop courtes tient encore son statut.

Les locataires successifs de ces derniers temps, malheureusement, n’ont rien fait, ou plutôt pas fait grand-chose, pour changer cette ambiance atrabilaire dans ses services. Pas de planification. Pas de politique énergétique efficace pour prévenir le délestage. Là-bas, on est en permanence dans la gestion de crises. La réalité ravive les mauvais souvenirs.

L’électricité se fait rare à Conakry. La desserte est irrégulière. Le courant disparaît la journée dans la plupart des quartiers de la capitale pour ne réapparaître que la nuit, au grand dam des foyers, pourtant réguliers dans le paiement de leurs factures. Cette situation qui dure depuis trop longtemps, risque malheureusement de se perpétuer. L’anormal devant ainsi la norme. Et comme par coïncidence, c’est avec Laye Sékou Camara (photo), comme ministre de l’Énergie que cela arrive.

Ni lui, ni son Directeur général de l’EDG n’ont trouvé la solution appropriée. En tout cas, pour le moment, aucune perspective heureuse ne se dessine. Rien ne plaide en faveur d’une inversion prochaine de cette courbe. Et c’est toujours le même prétexte qui est brandi : pas d’eau dans les barrages, il ne pleut pas assez cette année.

La seule certitude, c’est qu’il n’y a pas de courant et que rien n’est en cours pour y remédier. On apprend qu’il y a un manque à gagner de 10 mètres d’eau. Notre source, qui nous apprend cela, explique que pour combler cette quantité, il faut au minimum un mois de pluies intenses, non pas à Conakry, mais en amont des barrages, dans la zone de Télimélé. Et la même personne de trancher qu’il sera quasiment impossible d’obtenir cette quantité de pluie pour le temps qu’il reste, car, se désole-t-il, la période des fortes pluies est désormais derrière nous. On comprend donc qu’il faut s’en remettre à dame nature pour faire pleuvoir des cordes. Autrement dit, une desserte régulière de l’électricité dépend désormais exclusivement de la générosité du Ciel.

En clair, rien ne peut changer la donne pour l’instant, alors que les centrales électriques, ces fournisseurs d’électricité, fonctionnent à plein régime et donnent le maximum de leur capacité. La seule bonne nouvelle, nous assure-t-on, c’est que l’État fait des efforts pour respecter l’échéancier de paiement des factures, assez salées, de ces fournisseurs, des chiffres sur lesquels il faudra plus tard jeter un œil de lynx pour démêler le vrai du faux.

Pas de nouvelles centrales en perspective dans un avenir proche, car il faudrait pour cela créer une ligne pour transporter cette énergie, nous dit-on. La seule solution qui vaille pour le moment, nous rassure un connaisseur du dossier, c’est de rationner l’eau, comme on le fait déjà, pour éviter l’assèchement de la retenue, en espérant qu’il va pleuvoir pour remplir le barrage.

Dame nature est donc appelée au secours du ministre de l’Energie et de son Directeur, qui, de toute apparence,  ne savent plus quoi faire pour améliorer la desserte.

Mognouma