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Guinée : un financement de 16 millions d’euros pour moderniser le Musée national.

La Guinée amorce un tournant décisif dans la préservation et la valorisation de son héritage culturel. Le gouvernement guinéen a officiellement conclu, ce lundi, un accord de financement avec l’Agence française de développement (AFD) en vue de la réhabilitation complète du Musée national de Guinée, connu sous le nom de Musée de Sandervalia. D’un montant de 16 millions d’euros, ce financement marque une étape majeure pour cette institution longtemps fragilisée par le manque d’investissements.

La signature de la convention s’est tenue au sein même du musée, en présence de plusieurs personnalités de premier plan, dont le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, ainsi que Luc Briard et Rémy Rioux.

Dans son intervention, Moussa Moïse Sylla a insisté sur la portée symbolique du projet, rappelant que les musées jouent un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. À ses yeux, à l’image du Musée du Louvre ou du British Museum, ces institutions sont des vecteurs essentiels de transmission culturelle et d’influence internationale. La modernisation du musée de Sandervalia s’inscrit ainsi dans une dynamique de réappropriation du patrimoine, dans un contexte marqué par les débats croissants autour de la restitution des œuvres africaines.

Fermement engagé dans cette transformation, l’État guinéen prévoit une refonte en profondeur du site. Le projet inclut la rénovation et l’extension des infrastructures sur près de 8 000 m², la mise en place d’un parcours muséographique moderne ainsi qu’une programmation culturelle renouvelée, reflet de la diversité du patrimoine national. Il prévoit également des réformes de gouvernance et une meilleure inclusion sociale, notamment en faveur des femmes.

Au-delà des travaux physiques, le chantier portera sur la gestion des collections. Un vaste programme d’inventaire, de conservation et de numérisation sera lancé, avec l’appui de la coopération française. Cette initiative débouchera sur la création d’un musée virtuel, destiné à rendre les œuvres accessibles à un public élargi, en Guinée comme à l’international.

De son côté, Mariama Ciré Sylla a présenté ce financement comme un choix stratégique, inscrit dans une politique de gestion rigoureuse des finances publiques. Elle a souligné les engagements de l’État, notamment la transformation du musée en établissement public administratif et la garantie de son fonctionnement à long terme. Elle a également insisté sur l’importance d’une gouvernance transparente et conforme aux normes environnementales et sociales.

Pour Rémy Rioux, cette convention constitue un jalon important dans la coopération franco-guinéenne. Il a mis en avant le caractère inédit de cet investissement dans le secteur culturel, estimant qu’il témoigne d’une conviction forte : la culture représente un levier de développement économique, social et intellectuel.

Ce projet se distingue également par son ampleur historique. Il s’agit du premier financement souverain de l’AFD consacré à la culture en Guinée à ce niveau. À terme, le futur musée ambitionne de devenir un espace adapté à l’accueil d’œuvres guinéennes conservées à l’étranger, renforçant ainsi la position du pays dans les discussions internationales sur la restitution du patrimoine.

Porté par la vision du président Mamadi Doumbouya, ce programme illustre la volonté des autorités de faire de la culture un pilier du développement national. Plus qu’un projet d’infrastructure, il incarne un engagement durable en faveur de la sauvegarde de l’identité culturelle guinéenne et de sa transmission aux générations futures.

Daouda Yansané