On a appris il y a peu que le gouvernement a donné son accord pour l’impression des billets de 50 000 francs guinéens. Il s’agirait de la plus grande valeur faciale jamais mise en circulation dans le pays.
Cette décision conforte la position longtemps défendue par le gouverneur de la Banque centrale, Karamo Kaba, qui a avancé plusieurs arguments pour justifier cette politique. Il se dit convaincu de la nécessité d’introduire ces grosses coupures dans le circuit financier, en raison de la taille de l’économie, avec un PIB et un budget national qui ont doublé depuis la mise en circulation des billets de 20 000, actuellement la plus grande coupure en circulation.
Cependant, cette politique monétaire continue de faire polémique et divise l’opinion publique. Une majorité de citoyens exprime son désaccord, jugeant cette décision très dangereuse.
C’est notamment le cas de l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances, Maladho Kaba, qui rejette catégoriquement cette idée. Réapparue la semaine dernière lors d’une rencontre initiée par le patronat guinéen, portant sur la crise du cash qui préoccupe les autorités bancaires, elle a brièvement évoqué le sujet.
Sans s’y attarder, comme pour signifier que cela n’en vaut pas la peine, elle a clairement exprimé son opposition à cette décision, pourtant soutenue par les autorités de la Banque centrale.
« À propos des billets de 50 000, je mets une croix rouge », a-t-elle déclaré avec ironie dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, publiée par mosaiqueguinee.com. C’est à peine cracher sur la décision.
On ne peut douter de la reaction éventuelle de ceux qui portent ce projet et qui contenuent de le défendre. En l’occurrence les autorités de la BCRG.
Emergencegn.net