Emergence – La Guinée a franchi une étape majeure dans le renforcement de son système statistique avec la publication des résultats préliminaires du Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH4). Présentés ce mercredi, 25 février 2025, lors d’une cérémonie officielle présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, ces chiffres actualisés dressent un nouveau portrait démographique du pays.
La rencontre a mobilisé des membres du gouvernement, des représentants des institutions républicaines, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des diplomates et acteurs de la société civile. À cette occasion, le Directeur général de l’Institut National de la Statistique de Guinée, Makan Doumbouya, a souligné que l’opération a été conduite conformément aux recommandations des Nations unies, dans la continuité des précédents recensements réalisés en 1983, 1996 et 2014.
« Cette quatrième édition se distingue toutefois par des innovations majeures. Pour la première fois, le processus a été entièrement digitalisé, garantissant davantage de rapidité, de transparence et de sécurisation des données collectées. L’opération a bénéficié de l’appui d’experts internationaux, renforçant sa crédibilité méthodologique. Plus de 22 000 agents recenseurs, composés en grande partie de jeunes et de femmes, ont été déployés sur l’ensemble du territoire national ».
D’après les résultats provisoires publiés par le Directeur général de l’INS, la population résidente de la Guinée en 2025 est estimée à 17 520 167 habitants, avec une densité moyenne de 70 habitants au kilomètre carré.
Les données révèlent une population particulièrement jeune : 42 % des Guinéens ont moins de 15 ans et 79 % ont moins de 35 ans, pour un âge moyen de 22 ans. La répartition par sexe indique une légère majorité féminine, avec 51,8 % de femmes contre 48,2 % d’hommes. Sur le plan territorial, 61,3 % de la population vit en zone rurale, contre 38,7 % en milieu urbain,a-t-il précisé.
Ces statistiques constituent une base essentielle pour la planification des politiques publiques, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’emploi et de l’aménagement du territoire. Le ministre Ismael Nabé a rappelé que gouverner sans données fiables revient à avancer sans repères. Selon lui, le RGPH4 permettra d’orienter les investissements publics, de mieux cibler les populations vulnérables et d’anticiper les besoins futurs, dans un contexte de transition présenté comme décisif pour la restauration institutionnelle et la consolidation de l’État.
Ils a insisté également sur la portée symbolique de l’opération. Au-delà d’un simple exercice statistique, le recensement est présenté comme un acte de souveraineté, permettant de reconnaître chaque citoyen et de doter l’État d’outils fiables pour mieux servir la nation.
Les résultats publiés demeurent provisoires. Des rapports analytiques détaillés seront rendus publics dans les prochains mois afin d’approfondir les données par région, par préfecture et par thématique spécifique. Dans la même dynamique, le gouvernement prévoit de lancer prochainement le premier recensement général des entreprises ainsi que l’actualisation de l’indice des prix, afin de renforcer davantage la gouvernance économique et sociale.
Avec le RGPH4, la Guinée affiche ainsi son ambition de bâtir son avenir sur la rigueur statistique, la planification stratégique et la transparence.
On rappelle que le dernier recensement général de la population et de l’habitation réalisé de mars à avril 2014 a donné un total de 10 523 261 millions d’habitants. Tout comme celui de 2025, les Guinéens vivant à l’extérieur du pays ne faisaient pas partie.
Daouda Yansané