Les tensions persistent entre le gouvernement guinéen et les centrales syndicales. Après les organisations du secteur de l’éducation, la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) s’apprête à entrer officiellement dans le débat sur la revalorisation des salaires dans la fonction publique, avec l’annonce imminente du dépôt d’une plateforme revendicative.
Une offensive syndicale structurée
Réuni récemment à la Bourse du travail, le bureau confédéral de la CNTG a acté le principe d’une interpellation formelle des autorités sur la question salariale. Objectif : obtenir l’ouverture de nouvelles négociations avec l’exécutif, dans un contexte marqué par l’érosion du pouvoir d’achat des agents publics.
Selon Abdoulaye Barry, secrétaire chargé des négociations et des conflits et président de la commission de négociations du mouvement syndical guinéen, les discussions salariales sont à l’arrêt depuis 2023. « Les fonctionnaires n’ont pas négocié depuis cette date. Nous allons prochainement discuter de l’augmentation des salaires avec le gouvernement », a-t-il indiqué à l’issue de la réunion.
Le responsable syndical rappelle qu’après l’obtention d’une hausse de 35 %, aucune nouvelle augmentation des salaires indiciaires n’a été enregistrée, alors même que le coût de la vie continue de progresser.
Des revendications sectorielles en parallèle
Au-delà de la question salariale globale, plusieurs fédérations affiliées à la CNTG poursuivent des discussions spécifiques avec l’État.
• La Fédération de la santé travaille sur le statut particulier du personnel soignant, un dossier jugé prioritaire par les syndicats du secteur.
• La Fédération de l’éducation collabore avec le Syndicat national de l’éducation (SNE) pour finaliser le statut particulier des enseignants.
• La Fédération des mines milite pour l’application effective de son statut spécifique.
Ces négociations sectorielles devraient être intégrées dans un document unique, destiné à structurer les demandes du mouvement syndical.
Vers une plateforme commune du mouvement syndical
La centrale entend consolider l’ensemble de ces revendications dans une plateforme commune, élaborée en concertation avec les autres composantes du mouvement syndical guinéen. Ce document sera soumis au gouvernement dans les prochains jours, avec pour ambition d’ouvrir un nouveau cycle de dialogue social.
Pour les observateurs, cette initiative pourrait marquer une nouvelle phase dans les relations entre l’exécutif et les syndicats, à un moment où les équilibres budgétaires de l’État et les attentes sociales des fonctionnaires se trouvent sous forte pression.
Daouda Yansané