C’est une situation qui dure depuis une éternité. Le Port autonome de Conakry n’offre plus à ses clients importateurs de marchandises des services satisfaisants. Il reste continuellement congestionné, rendant l’accostage des navires quasi impossible dès la première tentative. Il faut parfois patienter des mois pour espérer faire partie des privilégiés.
Le temps d’attente s’est considérablement allongé, au point de causer des dommages importants à l’activité commerciale et d’impacter dangereusement les prix pratiqués sur le marché. Sans compter les pertes subies par les commerçants, qui voient leurs produits périssables se détériorer en raison de cette situation.
Le sujet s’est invité dans le débat sans filtre que le chef de l’État, le Président Mamadi Doumbouya, a eu en fin de semaine dernière avec les opérateurs économiques. L’objectif affiché est de prévenir une éventuelle hausse des prix, notamment des produits de grande consommation, à l’approche du Ramadan musulman et du Carême chrétien.
Il convient de noter qu’à propos du port, élément déterminant dans cette préoccupation du patron de l’exécutif guinéen, malgré toutes les mesures prises à ce jour, la situation n’a pas évolué. Elle demeure toujours préoccupante.
Pour rappel, le chef de l’État a pris un décret annulant les surestaries. Une décision non sans conséquence sur les recettes de l’État, mais jugée nécessaire pour atténuer les désagréments. Plus récemment, dans la logique de trouver une solution, les transporteurs de gros engins ont été autorisés à circuler à toutes les heures de la journée. Cette interdiction, qui empêchait auparavant les poids lourds de circuler en journée pour des raisons de sécurité routière, a donc été levée. Malgré tout, le statu quo persiste.
On peut épiloguer sur les raisons de cette situation sans pour autant exonérer la responsabilité de la société concessionnaire et de la Direction du port, qui ont manqué d’anticipation et de stratégies efficaces pour faire face à une si forte sollicitation. Celle-ci est liée aux importantes importations en rapport avec le méga-projet Simandou, ainsi qu’à l’utilisation accrue du port guinéen par le Mali, pays enclavé, pour l’importation de ses marchandises et autres biens.
Il revenait à l’État, à travers le Port autonome de Conakry, d’élargir le domaine portuaire, et à la société concessionnaire d’accroître sa capacité d’enlèvement des marchandises. Mais le constat alarmant, qui met à nu selon certains observateurs, l’expertise de la société AGL, réside dans sa faible capacité à évacuer les conteneurs vides qui encombrent les espaces destinés à accueillir de nouveaux conteneurs pleins.
« Il y a plus de conteneurs vides dans les parcs que de conteneurs chargés. C’est aberrant. C’est invraisemblable. On se demande comment AGL travaille. Tant que ce problème ne sera pas résolu, on tournera en rond sans jamais voir le bout du tunnel », s’emporte un spécialiste du domaine.
Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers la Présidence de la République, qui pourrait prendre des mesures fortes, allant jusqu’à mettre en demeure le concessionnaire et l’autorité portuaire, au risque de les voir exclus définitivement
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