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Bauxite : l’État guinéen prêt à affronter Axis devant le CIRDI

Emergence – Le gouvernement guinéen ne compte pas rester passif face au nouveau bras de fer engagé par la société indienne Axis International. Selon nos informations, l’État se prépare à défendre sa position devant toute juridiction internationale qui viendrait à être saisie par cette entreprise.

Le 29 décembre dernier, Axis International a annoncé, à travers un communiqué, son intention de poursuivre l’État guinéen devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une institution affiliée à la Banque mondiale.

La société évoque une résiliation qu’elle juge arbitraire de ses permis d’exploitation de bauxite dans la zone de Boffa et réclame, à ce titre, un dédommagement évalué à 28,9 milliards de dollars.

Du côté de la Guinée, cette prétention est accueillie avec ironie d’autant qu’elle dépasse de loin le PIB du pays. Les autorités estiment qu’Axis International n’a jamais réalisé d’investissements significatifs sur le terrain, se contentant de tirer profit d’un système d’amodiation de ses permis. Grâce à cet arrangement, l’entreprise percevait deux dollars par tonne de bauxite exportée, soit plus de 45 millions de dollars de royalties par an.

Une source hautement placée au ministère des Mines et de la Géologie a confié à Emergence Magazine que le gouvernement est déterminé à aller jusqu’à l’arbitrage international. Objectif affiché : démontrer, preuves à l’appui, ce que les autorités qualifient de « supercherie » d’Axis International, qui lui aurait permis d’empocher plusieurs centaines de millions de dollars. « Cette société ne payait même pas d’impôts à l’État guinéen », s’indigne notre interlocuteur. Et d’ajouter : « Le retrait de ses permis a été décidé en toute légalité, sur la base de violations avérées du Code minier et du Code général des impôts ».

Samuel Camara