Émergence – Les autorités guinéennes ont officiellement lancé, vendredi 12 décembre, les travaux de construction d’une nouvelle raffinerie d’alumine dans la préfecture de Boké. Implantée à proximité du district de Dobali, cette unité industrielle d’envergure représente un investissement estimé à 1,2 milliard de dollars.
Le projet est porté par Winning Consortium Alumina Guinea (WCAG), une société détenue par la singapourienne Winning Shipping Ltd, la chinoise Shandong Weiqiao et UMS à travers Altéo. La future raffinerie, qui s’étendra sur une superficie de 700 hectares, affichera une capacité de production annuelle de 1,2 million de tonnes d’alumine.
Outre l’unité de transformation, le projet prévoit la construction d’une centrale thermique de 300 mégawatts, destinée à soutenir le développement d’un parc industriel moderne et à renforcer les capacités énergétiques de la zone.
Selon le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, la raffinerie reposera sur le procédé Bayer, intégrant des technologies de pointe, notamment la dissolution à basse température, la calcination dans des fours à suspension gazeuse, la filtration intégrée ainsi que l’utilisation de cubes de décomposition.
Les travaux de construction devraient s’achever dans un délai de deux ans. À terme, le projet permettra la création d’environ 12 000 emplois, dont 2 000 directs.
« Ce projet positionnera la Guinée parmi les grands acteurs de l’industrie mondiale de l’alumine et de l’aluminium, devenu un métal critique en raison de son importance stratégique, notamment dans les véhicules électriques et l’industrie photovoltaïque », a déclaré le ministre Bouna Sylla.
À travers le lancement de cette raffinerie, la Guinée ambitionne de réduire sa dépendance aux exportations de bauxite brute, de stimuler l’emploi local et d’offrir de nouvelles opportunités d’affaires aux entreprises à capitaux guinéens.
Présent à la cérémonie, le ministre directeur de cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, a salué un projet structurant qui contribuera significativement à la maximisation des retombées économiques nationales. « Cette raffinerie renforcera la présence de la Guinée sur les marchés mondiaux de l’alumine », a-t-il affirmé, appelant l’ensemble des services de l’État à accompagner pleinement sa mise en œuvre. M. Diakité est également président du Comité stratégique de Simandou.
La raffinerie de WCAG est la deuxième dont les travaux sont lancés cette année. En mars dernier, la Guinée avait déjà entamé la construction de la raffinerie de State Power Investment Corporation, d’une capacité similaire de 1,2 million de tonnes par an. Une fois achevées, ces deux infrastructures porteront à trois le nombre de raffineries d’alumine opérationnelles dans le pays, aux côtés de celle de Rusal Friguia, en activité depuis 1960 avec une production annuelle d’environ 600 000 tonnes.
Ce projet marque une nouvelle étape dans la politique nationale de transformation locale des ressources minières, chère aux autorités guinéennes. À cette occasion, le ministre des Mines et de la Géologie a exhorté les compagnies minières ayant des engagements en matière de raffineries à passer à l’action, avertissant que « l’État prendra toutes les dispositions prévues par le Code minier, les conventions et accords conclus pour faire respecter les engagements souscrits ».
Samuel Camara