Emergence-Le commerce extérieur de la Guinée a connu une évolution contrastée en octobre 2025, marquée par une forte progression des exportations et une relative stabilité des importations.
C’est ce que révèle les statistiques du commerce extérieur du mois d’octobre publiées par l’Institut National de la Statistique (INS). Le déficit commercial s’est nettement réduit, traduisant une dynamique encourageante pour l’économie nationale.
Les exportations en forte hausse
Les exportations se sont établies à 10 112,1 milliards de francs guinéens, en hausse de 19 % par rapport à septembre. Cette performance est portée par :
- L’or, véritable pilier du commerce extérieur, dont les ventes ont bondi de 54,8% pour atteindre plus de 5 163,3 milliards de francs guinéens, représentant 51% des exportations totales. Les principaux acheteurs sont les Émirats Arabes Unis (69,2 %), l’Afrique du Sud (22,5 %) et l’Inde.
- L’oxyde d’aluminium, dont les expéditions vers la Russie ont plus que doublé (+125,8 %).
- Les articles manufacturés en plastique (emballages, vaisselle, bouchons), qui affichent une croissance spectaculaire, témoignant d’une diversification progressive des exportations.
En revanche, certains produits traditionnels ont reculé : la bauxite (-24,9 %), les poissons congelés (-15,1 %) et les noix de cajou (-46,8 %). Malgré ces baisses, le cumul des dix premiers mois de l’année reste largement positif, avec une progression de 43,1 % par rapport à 2024.
Les importations presque stables, mais une dépendance persiste
Les importations se sont légèrement accrues (+0,6 %) pour atteindre 12 175,0 milliards de francs guinéens. Elles restent dominées par :
- Les produits pétroliers (23,3 % du total), principalement en provenance des Pays-Bas.
- Les machines de BTP (+22,4 %), reflétant l’intensité des chantiers d’infrastructures.
- Les wagons ferroviaires et tracteurs, dont les achats ont explosé, traduisant un effort d’investissement dans le transport et l’agriculture.
À l’inverse, les importations de timbres et billets de banque ont chuté de 62,5 %, tout comme celles des voitures de tourisme (-32,6 %). Sur les dix mois, les importations cumulées affichent une hausse spectaculaire de 64,4 %, confirmant la dépendance du pays aux biens d’équipement et aux produits énergétiques.
Les partenaires commerciaux
La Chine est le premier partenaire, absorbant 40,9% des exportations (essentiellement bauxite) et fournissant 36,8 % des importations (machines, wagons, véhicules).
Les Émirats Arabes Unis sont le deuxième client (35,3 % des exportations, exclusivement de l’or) et le troisième fournisseur (10,7 % des importations).
L’Afrique du Sud a fait un bond spectaculaire des exportations guinéennes vers ce pays, exclusivement de l’or, atteignant 1 162,0 milliards de francs guinéens.
Les Pays-Bas sont le deuxième fournisseur, avec une prédominance des produits pétroliers.
Une balance commerciale avec un déficit réduit
Le déficit commercial s’est établi à 2 063,0 milliards de francs guinéens en octobre, contre 3 597,2 milliards de francs guinéens en septembre. Cette amélioration est due aux excédents enregistrés vis-à-vis des Émirats Arabes Unis (+2 300,0 milliards de francs guinéens) et de l’Afrique du Sud (+968,0 milliards de francs guinéens). Toutefois, sur les dix derniers mois de 2025, le solde reste déficitaire à 6 920,7 milliards de francs guinéens, bien qu’en nette amélioration par rapport à 2024.
Ces résultats traduisent une résilience des exportations, portée par l’or et l’aluminium, une diversification timide avec l’émergence de produits manufacturés, une dépendance persistante aux importations énergétiques et d’équipements, qui pèse sur la balance commerciale. La Guinée dispose d’un potentiel considérable pour réduire son déficit, à condition de renforcer la transformation locale des ressources et de diversifier ses débouchés commerciaux.
Il est clair qu’octobre 2025 marque un mois encourageant pour le commerce extérieur guinéen : les exportations progressent, le déficit se réduit, et les investissements en infrastructures se reflètent dans les importations. La consolidation de ces tendances pourrait renforcer la position de la Guinée sur l’échiquier économique international.
Naplèlon