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Les EPA privés de leurs budgets : le CNT tire la sonnette d’alarme 

Emergence – Le Conseil national de la transition (CNT) a mis en lumière de graves dysfonctionnements au sein de plusieurs Établissements publics à caractère administratif (EPA), dont certains affichent un taux d’exécution budgétaire…zéro %. L’alerte a été lancée le 17 novembre lors de l’examen du volet dépenses de la loi de finances rectificative (LFR) 2025.

Le président du CNT, Dansa Kourouma, a pointé du doigt des « failles structurelles profondes » dans la gouvernance et le fonctionnement administratif de plusieurs entités publiques. Parmi les EPA concernés figure notamment le Laboratoire du bâtiment et des travaux publics (LBTP), ainsi que d’autres établissements dont les performances budgétaires interrogent fortement les commissions parlementaires.

Selon ces dernières, l’absence d’exécution financière pourrait traduire non seulement des problèmes d’organisation interne, mais aussi un manque d’opérationnalité, voire une incapacité de certains EPA à remplir leurs missions de service public.

Cette situation ravive le débat sur la rentabilité des sociétés d’État et leur impact sur les finances publiques. Pour inverser la tendance, des pistes d’optimisation sont avancées : rationalisation des dépenses de fonctionnement, limitation des déplacements non essentiels, recours accru aux visioconférences ou encore maîtrise renforcée des charges courantes.

L’avertissement du CNT intervient alors que le gouvernement mène depuis 2024 une vaste réforme du portefeuille public. Sur les 189 EPA recensés, 110 doivent être maintenus, 64 fusionnés ou transformés en sociétés publiques, tandis que 15 sont pressentis pour suppression. Une restructuration d’ampleur qui vise à assainir le fonctionnement de l’administration et à améliorer l’efficacité de la dépense publique.

Daouda Yansané