La crise de liquidité, matérialisée par le manque de cash dans les caveaux des banques, demeure une préoccupation majeure malgré les efforts fournis par les autorités bancaires pour la juguler. L’impression de nouveaux billets ces derniers mois et les messages de sensibilisation visant à réduire la circulation fiduciaire n’ont pas permis d’enrayer la crise dont souffrent toujours les clients des banques, ainsi que ceux des sociétés de transfert, confrontés à un plafonnement persistant des retraits.
Face à cette situation qui reste, pour l’heure, sans solution, la Banque mondiale et le Conseil national de la Transition (CNT) se saisissent du sujet. On apprend que, la semaine dernière, la Banque mondiale a rencontré les patrons de banques. Cette réunion fait suite à d’autres rencontres du même type que ces responsables ont eues avec la Primature et la Banque centrale, sans toutefois parvenir à une solution concrète, si ce n’est de répéter les mesures déjà connues mais jusque-là inefficaces.
Concernant la récente rencontre avec la Banque mondiale, certains interlocuteurs interrogés par notre rédaction affirment qu’il s’est agi d’échanger sur la crise et de réfléchir à des pistes de sortie. « Au-delà, rien », commente-t-on.
Du côté du CNT, le sujet apparaît dans le volumineux rapport publié à l’issue des travaux intercommissions. Les conseillers y formulent plusieurs recommandations. Nous en relevons quelques-unes :
procéder à la commande anticipée et à la mise en circulation de nouveaux billets, en tenant compte des orientations et analyses du Comité de politique monétaire ;
accélérer la mise en œuvre et la généralisation des solutions de paiement électroniques, afin de promouvoir la dématérialisation des transactions et de réduire la dépendance au numéraire ;
revoir à la hausse la capacité de réception des comptes des opérateurs de paiement électronique, ainsi que le volume des transactions journalières autorisées, pour accroître l’efficacité des services financiers digitaux ;
rehausser le plafond des opérations entre comptes bancaires et comptes de paiement électronique, dans le but de fluidifier les flux financiers et de renforcer l’inclusion financière ;
établir un mécanisme permanent de surveillance de la liquidité bancaire, permettant à la Banque centrale de détecter rapidement les tensions et d’intervenir de manière préventive ;
mettre en place un cadre de concertation régulière entre la Banque centrale et les établissements bancaires, consacré exclusivement à l’analyse des risques de liquidité et des besoins en numéraire ;
moderniser le système de gestion de trésorerie des banques en encourageant l’adoption d’outils numériques de prévision, afin d’améliorer l’anticipation des besoins ;
renforcer les exigences de transparence sur la gestion fiduciaire des banques, notamment via la publication périodique d’indicateurs de liquidité ;
encourager la bancarisation des zones rurales à travers des partenariats avec les opérateurs de paiement électronique, pour réduire la concentration des retraits en zones urbaines et limiter les tensions ponctuelles ;
renforcer le dispositif de communication publique de la Banque centrale afin d’éviter les mouvements de panique, en expliquant régulièrement l’état de la liquidité, les mesures prises et la disponibilité réelle des billets.
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