Inauguré le 27 avril dernier par le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le pont à péage de Tanènè a été ouvert à la circulation le 1er mai. Depuis, l’ouvrage connaît une forte affluence, comme nous l’avons constaté le samedi 3 mai, jour de marché dans la commune.
Malgré la disponibilité de l’ancienne route, tous types de véhicules, motos, tricycles, voitures particulières, camions légers ou poids lourds à plusieurs essieux empruntent en continu cette nouvelle infrastructure.

Pour les usagers, le tarif du péage semble secondaire face aux avantages offerts : sécurité, confort de conduite et modernité. Beaucoup expriment aussi leur fierté de contribuer au développement du pays. « Nous, nous aimons cette infrastructure parce que nous sommes fiers de traverser ici. Nous encourageons le FER à réaliser d’autres infrastructures de ce genre dans le pays », a déclaré le Lieutenant Conté de passage pour aller dans son village.
« J’apprécie beaucoup le pont et le poste de péage. Cela montre que nous aussi, nous sommes en train d’évoluer, nous sommes rentrés dans le progrès », s’est vanté un autre usager au moment de payer son droit de passage.

« C’est impressionnant et cela fait du bien. Parce qu’avec l’embouteillage de l’autre côté, ce n’est pas facile. Mais ici, en passant je me sens à l’aise. Le tarif est abordable, vraiment je remercie le FER », a renchéri cet autre usager dans sa voiture personnelle.
Le Fonds d’Entretien Routier (FER) précise que les revenus générés vont servir à financer la construction d’autres ponts modernes, des routes, sous l’autorité du ministère des Infrastructures et des Travaux Publics.
Une infrastructure bien accueillie
M. Hamidou Sylla, Directeur général du FER, soutient que tout a été mis en œuvre pour garantir le bon fonctionnement du poste. « Depuis son inauguration le 27 avril par le Président Doumbouya, toutes les dispositions ont été prises pour une mise en service efficace. Les équipements fonctionnent normalement et les usagers, en majorité satisfaits, paient sans difficulté. Leurs retours positifs, certains s’arrêtent même pour prendre des photos, sont une vraie source de motivation », a-t-il ajouté. Même que la fixation des tarifs a été soigneusement étudié : « Une commission nationale s’est penchée sur la tarification, en tenant compte des capacités économiques des citoyens. À ce jour, aucune plainte n’a été enregistrée ».
Une discipline exemplaire et un système d’abonnement
Un point positif notable : les motards, souvent pointés du doigt sur d’autres axes, s’acquittent ici du péage sans incident. Pour les usagers fréquents, un système d’abonnement a été mis en place. À partir d’un million de GNF, une carte (valeur 25 000 GNF) est offerte, facilitant le passage régulier.

D’autres projets en préparation
Encouragées par le succès de Tanènè, les autorités annoncent la construction prochaine de quatre autres ponts à péage et pesage. Deux projets, sur les routes nationales RN4 et RN6, devraient débuter sous peu. « L’objectif est de repenser le financement de nos infrastructures. Le péage est une pratique répandue dans toute la sous-région, et notre pays amorce ce virage avec une structure de haut niveau. Il est temps que la Guinée comble son retard en matière de routes modernes », affirme Hamidou Sylla.
Un dispositif de sécurité renforcé
Le pont à péage Général Mamadi Doumbouya de Tanènè est équipé de technologies de surveillance avancées. Des caméras couvrent l’ensemble du site, permettant à la coordination de surveiller en temps réel toutes les zones stratégiques. Mme Mariame Porê Mara, superviseure, a expliqué : « Ici au bureau de supervision, nous observons les transactions qui se passent dans les cabines. Nous avons les caméras sur les voies pour surveiller la circulation, mais aussi dans les cabines. Nous voyons en direct ce qui se passe et dans les cabines, et sur les voies. Nous avons les données que les caissiers saisissent à partir de leurs postes de travail dans les cabines. Tout est centralisé ici par cabine et par voie. Donc, nous savons réellement à quel moment tel véhicule passe et quelle est la classe du véhicule en question. Si le caissier donne la bonne classification ou pas, nous avons cette information et le montant qui correspond au véhicule est affiché. Si le superviseur est du même avis que le caissier, il valide sa transaction. Si dans le cas contraire, le caissier fait une erreur de classification qui ne correspond pas à la classe du véhicule, soit un véhicule de la classe 4, c’est un poids lourd qui a trois essieux et plus, ce qui fait 110 000 FG. Si le caissier se trompe en le mettant à la classe 3 qui est juste un poids lourd à deux essieux, 70 000 FG. Là, le superviseur corrige ici, il ne peut pas rectifier le caissier dans sa cabine, mais il peut corriger à partir des écritures ici. Quand le superviseur corrige, cela fait un déficit chez le caissier qui doit être compensé par lui ». En complément, des gendarmes et une société de sécurité privée assurent la protection de l’ouvrage et de ses usagers, 24h/24.

Les exemptés
Au poste de péage, quelques exemptions sont accordées à quelques engins roulants. Il s’agit des véhicules des Forces de défense et de sécurité. Les véhicules de l’administration (VA) munis d’un ordre de mission et les véhicules privés munis d’un ordre de mission.
Par Souana Doré
Note de la Rédaction : Ce reportage a été diffusé en premier dans Emergence Mag N°30 de Juin 2025.