L’acte est désormais gravé dans le marbre. Non pas uniquement en raison de la beauté incontestable de l’infrastructure, qui force l’admiration des passants, mais surtout à cause du mode de financement innovant adopté pour sa réalisation. Le Fonds d’Entretien Routier (FER) a frappé fort, comme le diraient nos voisins ivoiriens. Il a fait œuvre utile.
Sortir du carcan classique de financement des travaux routiers (traditionnellement fondé sur les redevances issues des taxes prélevées sur le prix du carburant), pour explorer d’autres modèles constitue une véritable avancée. L’institution a évolué. Les réformes l’ont permis. Désormais, le FER peut lever des fonds sur le marché financier pour exécuter ses projets. Ce changement de paradigme a permis la construction de ce pont unique, pour remplacer les vieux ouvrages datant de l’époque coloniale. Ces anciens ponts, construits en 1957, n’étaient plus adaptés aux besoins actuels
Mais bien avant, il était envisagé d’augmenter les redevances du FER, pour financer cette infrastructure. Cette proposition n’a pas été retenue, mais l’idée était lancée. Grâce à la volonté politique du président du CNRD au pouvoir depuis septembre 2021, on a su transformer cette vision initiale en une approche plus réaliste, dans un contexte budgétaire contraint où l’augmentation des redevances était difficilement envisageable, malgré la noblesse de la cause.
C’est ainsi que les banques ont été sollicitées. Et la structuration financière du projet, bien pensée, a su convaincre. Plus de 30 millions dollars ont été mobilisés pour la construction, avec un taux raisonnable et un échéancier de remboursement favorable, s’étalant sur cinq ans.
Début 2024, le projet a été lancé, avec l’espoir qu’aucun obstacle ne viendrait entraver son exécution.
En 2025, il y a moins de deux mois, l’ouvrage a été inauguré par le Chef de l’État, Général Mamadi Doumbouya, dont il porte désormais le nom. Une reconnaissance sincère envers un homme dont la volonté politique et le sens du devoir envers la nation ont permis la concrétisation de cette infrastructure.
Hamidou Sylla, l’acteur incontournable de la réalisation

Il a été au cœur de toutes les discussions. Mieux encore, c’est lui qui a mené le projet de main de maître, fort de son expérience de banquier. D’abord Directeur financier du FER, puis Directeur Général à ce jour, ce produit de l’Université guinéenne, bardé de diplômes en raison de sa quête constante de perfection, est l’architecte de la structuration du financement. Ce fut un combat de titan. Les enjeux étaient énormes. Mais il en avait pleinement conscience.
Hamidou Sylla peut aujourd’hui être fier. Il a réussi le parachèvement de la transformation du FER, entamée sous le règne de ses prédécesseurs. Désormais entré dans l’histoire, l’ancien directeur des risques dans les banques guinéennes – un poste révélateur de son talent – ne compte pas s’arrêter là. Il souhaite être à la hauteur de la confiance placée en lui par le Chef de l’État, qui l’a nommé à la tête du FER.

Quatre autres ponts sont actuellement en phase de préparation

Au sein du FER, on nous rassure : tout est prêt pour lancer les nouveaux projets. Un mérite incontestable pour cet homme de Mohamed V, qui engrange ainsi des acquis solides, capables de convaincre même les plus sceptiques qu’il n’y a pas d’alternative à sa vision.
Mognouma Cissé
Note de la Rédaction : Ce reportage a été diffusé en premier dans Emergence Mag N°30 de Juin 2025.