Emergence – La Guinée pourrait enregistrer une croissance économique robuste de 6,5% en fin 2025 après avoir noté 5,7% l’année précédente, apprend-on dans un rapport édité par la Banque mondiale.
La croissance économique sera de 10 % en moyenne entre 2026 et 2027, tirée par l’expansion de l’activité minière, précise l’institution. Elle relève toutefois que la croissance récente n’a pas fait reculer de manière significative la pauvreté, qui reste élevée à 52 %, du fait de la création limitée d’emplois dans les secteurs non miniers.
Le rapport s’alarme aussi de la gestion des finances publiques. Il révèle en effet que le déficit budgétaire s’est creusé en raison de dépenses d’investissement plus élevées, alors même que la mobilisation des recettes, bien qu’améliorée, demeure insuffisante. Même si l’Etat guinéen semble dépenser plus, il en fait moins par rapport à ses voisins. Il ajoute que le niveau des dépenses demeure faible du fait d’une mobilisation insuffisante des recettes intérieures et d’une capacité d’absorption limité. Une situation qui entrave considérablement les dépenses publiques, notamment dans le secteur des infrastructures.
Le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre 4,8 % du PIB en 2024. Conséquence d’une hausse accrue des dépenses représentant 19,9 % du PIB à la même année.
Cette situation économique assez compliquée fait exploser naturellement la dette du pays. Contraint de trouver des financements pour financer les projets en l’absence de l’aide publique au développement, le gouvernement s’est tourné vers les instruments de mobilisation interne.
Selon le rapport de la Banque mondiale, la dette publique en pourcentage du PIB a augmenté pour atteindre une estimation de 48 % en 2024 contre 41,4 % en 2023. Une réalité due à une augmentation de l’émission de dette intérieure pour financer les investissements dans les infrastructures publiques, précise le document. « À la fin de 2024, la dette publique extérieure était estimée à 18,9 % du PIB, dont la moitié était la dette multilatérale, tandis que la dette intérieure représentait 29 % du PIB », indique la source. Malgré ce niveau de d’endettement excessif, la dette reste toutefois viable avec un risque modéré de détresse de la dette extérieure.
Quoiqu’elle soit optimiste, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme quant à une hausse de la dette intérieure moins concessionnelle. L’incertitude quant à l’ampleur des gains d’exportation et de recettes fiscales de Simandou mérite un suivi, note-t-elle.
Samuel Camara