La République de Guinée marque une étape décisive dans la modernisation de son appareil statistique en adoptant le Système de Comptabilité Nationale (SCN) 2008. Selon les nouvelles données issues de cette réforme, le Produit Intérieur Brut (PIB) pour l’année de base 2018 s’élève désormais à 161 539,2 milliards de francs guinéens, contre 106 845,3 milliards GNF selon l’ancienne base de 1993. Cette révision représente une hausse de 51,2 %.
Cette progression s’explique principalement par l’élargissement de la couverture des activités économiques, rendu possible par une mobilisation accrue des sources de données dans plusieurs secteurs, ainsi que par l’adoption de nouvelles méthodes de calcul conformes aux recommandations du SCN 2008.
Lors de la cérémonie d’ouverture dédiée à la présentation de cette réforme, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a salué cette avancée comme une étape historique pour la Guinée. Il a souligné que cette réforme témoigne de l’engagement du gouvernement à produire des données économiques plus fiables, comparables et actuelles, essentielles pour la planification stratégique, la transparence budgétaire et l’attractivité économique du pays.
« La migration vers le SCN 2008 n’est pas une simple actualisation technique. C’est une transformation structurelle qui nous permet de mieux refléter la réalité économique nationale, d’intégrer les secteurs émergents et de produire des indicateurs macroéconomiques conformes aux standards internationaux, notamment ceux de la Norme Spéciale de Diffusion des Données (NSDD) du FMI », a affirmé le ministre Nabé.
Selon lui, la réévaluation du PIB permet aussi de mettre en lumière l’importance accrue des secteurs primaire et secondaire, tout en améliorant les ratios économiques clés du pays, comme le taux d’endettement ou le revenu par habitant. Ces indicateurs renforcent la crédibilité de la Guinée auprès des partenaires financiers et des investisseurs internationaux.
« Ce travail rigoureux s’inscrit pleinement dans les objectifs du programme Simandou 2040, à travers le développement de l’infrastructure, des transports et de la technologie. En modernisant nos outils statistiques, nous dotons l’État d’une infrastructure immatérielle puissante, au service d’une gouvernance fondée sur les preuves », a conclu le ministre.
Avec cette réforme ambitieuse, la Guinée espère se positionner comme un pays mieux préparé à planifier son développement, à négocier sur la scène internationale et à piloter ses politiques publiques de manière souveraine et éclairée.
Daouda Yansané