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Avec Chalco, l’Etat guinéen démarre la construction d’une troisième raffinerie d’alumine en deux ans

Emergence – Les autorités guinéennes et les dirigeants de la compagnie minière Chalco ont procédé, samedi 13 juin, au lancement des travaux de construction d’une raffinerie d’alumine dans la zone de Boffa.

D’un coût d’investissement estimé à 1,68 milliard de dollars, cette unité industrielle aura une capacité de production de 1,2 million de tonnes d’alumine par an. Les travaux, dont la durée est prévue sur 36 mois, devraient s’achever en 2029.

Il s’agit d’un projet qui présente plusieurs avantages pour la Guinée. Au-delà des recettes fiscales attendues, l’Etat guinéen dispose, conformément au Code minier, d’une option de participation au capital de la société.

La future raffinerie va aussi générer environ 1000 emplois directs et 12000 emplois indirects. Le projet prévoit l’attribution de 500 bourses d’études à des guinéens sur 20 ans, soit 25 bourses par an, dans les domaines techniques et industriels. A cela s’ajoute la construction à Boffa d’une école d’ingénieurs et de formation technique, avec une capacité de 100 étudiants par filière et par an pendant 10 ans.

Symbole de l’excellence des relation sino-guinéennes

Au lancement des travaux, Duan Xian Dong, président du Conseil d’administration du groupe Chinalco a rappelé l’excellente relation d’amitié et de coopération qui lie la Chine et la Guinée.

Il a souligné que ce projet représente une étape stratégique pour Chalco, puisqu’il constitue la première raffinerie d’alumine construite par Chinalco à l’étranger. « Ce projet est porteur d’avenir », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement du groupe à mobiliser des technologies de pointe et des compétences de haut niveau afin de garantir une construction de qualité et une exploitation conforme aux standards internationaux.

« Nous ferons de ce projet un nouveau point de départ pour une coopération mutuellement bénéfique entre les deux parties », a-t-il assuré.

De son côté, l’ambassadeur de Chine en Guinée a salué la volonté des autorités guinéennes de promouvoir la transformation locale des ressources minières et le développement d’une véritable chaîne de valeur industrielle. Selon lui, le lancement de cette raffinerie traduit concrètement cette ambition.

Le diplomate chinois a également réaffirmé l’engagement de Pékin à accompagner la Guinée dans la mise en œuvre des accords conclus entre les deux pays, notamment à travers la synergie entre l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route » et le programme guinéen Simandou 2040.

Soutien de la Guinée

Le ministre des mines et de la géologie, Bouna Sylla, a pour sa part salué leadership de président de la République, Mamadi Doumbouya, qui a permis à ce jour le lancement d’une troisième raffinerie en seulement deux ans.

Il a remercié Chalco pour son engagement en faveur de la réalisation du projet, ainsi que Chinalco, « un partenaire stratégique de la Guinée » acteur majeur dans les investissements dans les blocs 3 et 4 de Simandou.

Avec cette nouvelle raffinerie, la Guinée a désormais trois raffineries en cours de construction sur son sol et franchit une étape supplémentaire vers son objectif de construire cinq unités de transformation de la bauxite à l’horizon 2030. Le pays se rapproche ainsi de cette ambition, avec désormais deux raffineries supplémentaires à réaliser pour atteindre cet objectif.

On rappelle que les deux premiers développés par State Power Investment Corporation à Boffa et Winning Consortium Alumina Guinea à Boké sont en construction depuis 2025.

Le ministre a promis l’accompagnement de l’Etat et sa volonté à garantir la réussite du projet.

Avant le lancement officiel des travaux, le ministre directeur de cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, a insisté sur l’importance de cette initiative pour l’économie nationale. Il a réaffirmé la volonté des autorités de faire de la transformation locale des ressources minières une réalité durable.

« Désormais, l’ambition de la Guinée est très claire : ne plus seulement exporter ses ressources naturelles, mais les transformer sur place, créer de la valeur et former sa jeunesse ici », a-t-il déclaré.

Pour lui, la Guinée ne veut plus être uniquement un exportateur de bauxite, mais devenir une nation capable de bâtir son propre développement industriel.

Il a remercié les partenaires industriels, notamment Chinalco, pour leur confiance, tout en rappelant que l’État restera exigeant sur le respect des délais, le contenu local, les normes environnementales et les engagements sociaux. « L’État sera pleinement aux côtés des investisseurs sérieux qui participent au développement socio-économique de notre pays », a-t-il conclu.

Samuel Camara, Envoyé spécial