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« Dans tous les pays où l’agriculture a réussi, deux solutions ont été appliquées  » (ousmane Kaba)

Lors d’une intervention consacrée aux enjeux agricoles et économiques, Dr Ousmane Kaba a insisté sur la nécessité de respecter les fondamentaux économiques afin de relancer durablement la production nationale de riz en Guinée.

Devant un parterre de personnalités, il a déclaré que les politiques publiques menées depuis plusieurs décennies ont contribué à freiner le développement de la production locale. Il a notamment dénoncé la volonté permanente de maintenir artificiellement bas les prix du riz afin de protéger les consommateurs urbains.

« Depuis des années, nous avons continué à comprimer le prix du riz pour éviter toute hausse sur le marché. Conséquence : quarante ans après, la Guinée n’est toujours pas autosuffisante », a-t-il déclaré.

Dr Kaba estime que cette stratégie a découragé les producteurs agricoles, réduisant ainsi les incitations à investir dans la culture rizicole. Pour lui, « les lois de l’économie sont formelles et incontournables » : lorsqu’un producteur ne tire pas un revenu suffisant de son activité, la production finit inévitablement par stagner.

Deux leviers pour accroître la production agricole

L’orateur a rappelé qu’il existe, selon les principes économiques classiques, deux moyens essentiels pour augmenter les revenus agricoles et stimuler la production :

• augmenter le prix payé au producteur ;

• améliorer la productivité agricole.

Dans le premier cas, une hausse du prix du riz permettrait d’encourager davantage de producteurs à investir dans la filière. Dans le second, l’objectif serait d’améliorer les rendements grâce à de meilleures techniques agricoles, à l’accès aux intrants ou à la modernisation des exploitations.

Pour illustrer son propos, il a expliqué qu’un agriculteur peut accroître ses revenus soit en vendant son produit plus cher, soit en produisant davantage sur une même surface cultivée.

« Dans tous les pays où l’agriculture a réussi, deux solutions ont été appliquées : soit l’augmentation du prix des produits agricoles, soit l’amélioration de la productivité », a-t-il souligné.

Un défi stratégique pour la souveraineté alimentaire

Cette réflexion intervient dans un contexte où la question de la souveraineté alimentaire reste un enjeu majeur pour la Guinée, fortement dépendante des importations de riz malgré un important potentiel agricole.

Plusieurs économistes estiment qu’une réforme durable du secteur nécessitera à la fois des investissements dans les infrastructures rurales, un meilleur accompagnement des producteurs et une politique de prix plus favorable à la production nationale.

Daouda Yansané