Comme chaque année, le magazine économique Forbes publie son classement des milliardaires africains. L’édition 2026 confirme la domination de quelques figures majeures de l’industrie et de la finance sur le continent. Des secteurs clés comme le ciment, les mines, les télécommunications, l’énergie ou encore le luxe continuent de générer les plus grandes fortunes africaines.
Si les noms changent peu d’une année à l’autre, leurs empires économiques poursuivent leur expansion et illustrent l’évolution des modèles de richesse en Afrique.
1-Aliko Dangote, toujours numéro un
En tête du classement figure une nouvelle fois Aliko Dangote, l’homme d’affaires nigérian à la tête du Dangote Group. Sa fortune est estimée à plus de 13 milliards de dollars.
Le milliardaire a bâti son empire dans le ciment, le sucre et l’agroalimentaire, avant d’investir massivement dans l’énergie. Son projet phare reste la gigantesque raffinerie de Lagos, l’une des plus grandes au monde, capable de traiter environ 650 000 barils de pétrole par jour. Grâce à ces investissements stratégiques, Dangote demeure le seul Africain à figurer régulièrement parmi les 100 plus grandes fortunes mondiales.
2-Johann Rupert, l’Afrique dans le luxe mondial
Deuxième du classement, le Sud-Africain Johann Rupert incarne la réussite africaine dans l’industrie mondiale du luxe. Il dirige le groupe suisse Richemont, propriétaire de marques prestigieuses comme Cartier, IWC Schaffhausen ou Van Cleef & Arpels.
Héritier d’une grande famille d’industriels sud-africains, Rupert a consolidé et développé l’entreprise familiale pour en faire l’un des leaders mondiaux du luxe. Sa fortune est estimée à environ 10 milliards de dollars.
3-Nicky Oppenheimer, l’héritage des diamants
La troisième place revient à Nicky Oppenheimer, figure emblématique de l’industrie diamantifère. Ancien actionnaire majeur du groupe De Beers, il a vendu sa participation en 2012 pour 5,1 milliards de dollars.
Malgré cette cession, il demeure l’une des plus grandes fortunes du continent grâce à un portefeuille d’investissements diversifiés. La richesse de la famille Oppenheimer reste étroitement liée à l’histoire mondiale du commerce des diamants. Sa fortune dépasse aujourd’hui 8 milliards de dollars.
4-Nassef Sawiris, la puissance industrielle égyptienne
L’homme d’affaires égyptien Nassef Sawiris se classe parmi les premières fortunes africaines avec un patrimoine estimé entre 8 et 9 milliards de dollars.
Il dirige OCI N.V., un groupe international spécialisé dans la production d’engrais et de méthanol. En parallèle, il détient une participation significative dans le géant mondial des équipements sportifs Adidas. Avec son frère Naguib Sawiris, actif dans les télécommunications, il appartient à l’une des familles les plus influentes du monde des affaires égyptien.
5-Mike Adenuga, la force des télécommunications
Au Nigeria, Mike Adenuga s’impose comme l’un des entrepreneurs les plus puissants du continent. Fondateur de l’opérateur télécom Globacom, connu sous la marque Glo, il contrôle également la compagnie pétrolière Conoil.
Très discret dans les médias, Adenuga a construit un empire estimé à environ 7 milliards de dollars, reposant sur deux piliers stratégiques de l’économie nigériane : l’énergie et les télécommunications.
6-Abdulsamad Rabiu, la montée en puissance du groupe BUA
Autre grand nom de l’industrie nigériane, Abdulsamad Rabiu est le fondateur du BUA Group. Son conglomérat est actif dans le ciment, le sucre, l’immobilier et l’industrie chimique.
Souvent présenté comme le principal rival de Dangote dans le secteur des matériaux de construction au Nigeria, Rabiu a vu sa fortune progresser rapidement ces dernières années pour atteindre entre 5 et 6 milliards de dollars.
7-Patrice Motsepe, entre mines et football africain
Le Sud-Africain Patrice Motsepe a fait fortune dans l’industrie minière grâce à la société African Rainbow Minerals.
Au-delà de ses activités industrielles, il joue également un rôle majeur dans le sport africain. Depuis 2021, il préside la Confédération africaine de football (CAF). Sa fortune est estimée entre 3 et 4 milliards de dollars.
8-Issad Rebrab, la première fortune du Maghreb
L’industriel algérien Issad Rebrab reste la figure dominante du secteur privé en Algérie. Fondateur du conglomérat Cevital, il a construit un groupe présent dans l’agroalimentaire, la sidérurgie, la distribution et l’énergie.
Malgré des tensions politiques et une incarcération en 2019, son groupe demeure le plus grand conglomérat privé d’Algérie. Sa fortune est estimée à environ 3 milliards de dollars.
9-Mohammed Al-Amoudi, entre Moyen-Orient et Afrique
L’homme d’affaires Mohammed Hussein Al Amoudi, d’origine éthiopienne et saoudienne, possède un vaste empire industriel à travers le conglomérat MIDROC.
Ses investissements couvrent plusieurs secteurs : pétrole, mines d’or, agriculture et hôtellerie. Bien qu’une grande partie de ses actifs soit basée en Arabie saoudite, il reste l’un des investisseurs les plus importants en Éthiopie.
10-Koos Bekker, le pari visionnaire sur la tech
Enfin, le Sud-Africain Koos Bekker ferme le classement. Ancien dirigeant du groupe médiatique Naspers, il est reconnu pour l’un des investissements les plus rentables de l’histoire de la tech.
En 2001, Naspers a investi 32 millions de dollars dans Tencent, aujourd’hui géant mondial du numérique. Cette participation vaut désormais plusieurs dizaines de milliards de dollars et a profondément transformé la valeur du groupe sud-africain.
Un portrait de l’économie africaine
Au-delà des fortunes individuelles, ce classement met en lumière les moteurs économiques du continent. Les industries traditionnelles — mines, énergie ou matériaux de construction — restent dominantes, mais de nouveaux secteurs prennent de l’ampleur.
Le numérique, les médias, les télécommunications et le luxe participent désormais à la création de richesses africaines. Dans un continent qui compte plus de 1,4 milliard d’habitants et une classe moyenne en expansion, l’émergence de ces grands groupes privés reflète une transformation progressive des dynamiques économiques africaines.
Daouda Yansané