Premier magazine dédié à l’économie guinéenne et africaine

Guinée-industrie : le pays reste dépendant à 65 % des matières premières importées.

Le Conseil National de la Transition (CNT) tire la sonnette d’alarme sur la lenteur de la reprise industrielle. Dans son dernier rapport, l’institution note que seulement 32 % des unités industrielles à l’arrêt ont effectivement repris leurs activités, malgré les programmes de relance engagés par le gouvernement depuis deux ans.

Selon le CNT, plusieurs goulets d’étranglement continuent de freiner la dynamique industrielle. L’approvisionnement en électricité demeure particulièrement problématique : le déficit énergétique national est estimé à 180 MW, entraînant des interruptions de production dans de nombreuses zones industrielles. À cela s’ajoute un taux de dépendance de 65 % aux matières premières importées, souvent coûteuses et irrégulièrement disponibles.

Les infrastructures constituent également un frein majeur. Près de 45 % des unités industrielles ne disposent pas encore de routes d’accès adaptées au transport de marchandises, ce qui alourdit considérablement les coûts logistiques. Sur le plan financier, les entreprises doivent composer avec un taux moyen d’accès au crédit inférieur à 20 %, limitant leurs capacités d’investissement et de modernisation.

Face à ces défis, le CNT appelle le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère de l’Industrie, à accélérer les réformes structurelles et à renforcer les dispositifs existants. L’institution recommande notamment une montée en puissance des partenariats public-privé (PPP), qui ne représentent aujourd’hui que 12 % des projets industriels en cours, alors qu’ils pourraient constituer un levier majeur pour la réhabilitation des infrastructures et la construction de nouvelles unités.

Le CNT insiste sur la nécessité de traiter en priorité les contraintes énergétiques, logistiques et financières afin de stimuler la croissance économique, diversifier la base productive et soutenir la compétitivité du tissu industriel national. « Sans une action rapide et coordonnée, la relance industrielle restera en deçà des ambitions affichées », avertit l’institution.

Daouda Yansané