L’ancien Premier ministre guinéen Cellou Dalein Diallo a affirmé, lors d’un meeting tenu le 4 octobre aux États-Unis, que la Guinée devrait exporter près de 200 millions de tonnes de bauxite en 2025, contre environ 20 millions en 2015. Une progression spectaculaire qui illustre la montée en puissance du pays sur le marché mondial de ce minerai stratégique.
« Vous savez que cette année, le pays va exporter 200 millions de tonnes de bauxite, contre 20 millions en 2015 », a déclaré le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), soulignant la contribution croissante du secteur minier à l’économie nationale.
Selon M. Diallo, les revenus issus de l’exploitation minière ont rapporté près de 40 milliards de dollars à la Guinée depuis 2017. Toutefois, il déplore une faible redistribution des richesses issues de cette manne.
« Lorsqu’on inaugure un petit pont, certains se félicitent, mais ils oublient les flux considérables d’impôts et de taxes que le secteur minier a déjà versés à l’État », a-t-il insisté.
Le leader de l’opposition a également évoqué la marge bénéficiaire de l’État sur les exportations de la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG).
« Chaque tonne exportée rapporte 11 dollars au Trésor public, alors que le prix de la tonne était de 40 dollars. Aujourd’hui, ce prix se situe entre 75 et 80 dollars », a-t-il précisé.
Cette prise de parole intervient dans un contexte où la valorisation des ressources naturelles et la transparence dans la gouvernance minière restent des enjeux majeurs pour Conakry.
Alors que le gouvernement mise sur la mise en exploitation du projet Simandou, les acteurs économiques et politiques s’interrogent sur la capacité du pays à transformer cette croissance minière en développement durable et en création de valeur locale.
Daouda Yansané