Emergence – Le gouvernement guinéen a assuré récemment que les travaux de construction du TransGuinéen, suspendus depuis juillet 2022, devraient reprendre très rapidement. De sources proches de la Présidence soutenait d’ailleurs que les négociations devraient être bouclées au plus tard le 20 octobre dernier. Depuis, plus rien.
De toute évidence, l’Etat guinéen n’a plus la clé pour la relance des travaux de construction du TransGuinéen.
Pour rappel, ce chemin de fer doit traverser la Guinée, de la zone d’exploitation du minerai de fer de la chaîne de montagnes Simandou qui s’étend de Kérouané à Beyla, dans le sud du pays au port de Matakang dans Forécariah.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que très vraisemblablement, les négociations ont du mal à avancer, à défaut d’être au point mort. On est loin de la grande euphorie mêlée à une trop grande assurance qui se lisaient dans les mots prononcés par des autorités guinéennes, réunies autour du Président de la Transition, Colonel Mamadi Doumbouya, à l’annonce du compromis trouvé à propos de la création de la co-entreprise dénommée Compagnie du TransGuinéen (CTG). Il a été annoncé la participation gratuite de la Guinée dans cette joint-venture qui est désormais créée, à cet effet. Sauf qu’il existe encore une omerta totale sur des pans de cet accord, notamment celui de savoir comment cette participation gratuite sera financée et qui devrait supporter les charges induites, sans que cela n’ait un impact sur les clauses du contrat ? ce sont autant de questions qui méritent des réponses claires.
Depuis cette deuxième suspension, qui aurait entrainé des pertes énormes – d’un point de vue financier – au niveau de la société, ça coince. Le pont des discussions semble presque coupé entre la partie guinéenne et ses partenaires impliqués dans le projet, notamment le groupe Winning Consortium Simandou (WCS).
A propos, un spécialiste des questions minières, qui connait le dossier, explique qu’il n’y a plus de confiance. « Quand on est capable pour un rien du tout, à cause d’un saut d’humeur, bloquer les travaux d’un investissement de plus de 14 milliards de dollars US, on ne devient plus crédible. Car, chaque fois qu’il y a suspension de travaux, le partenaire perd des millions de dollars. Ces pertes sont enregistrées dans la location des grands engins qui coutent très chers, faut-il le préciser. Aussi, il y a les salaires qui sont non moins négligeables, qu’il faut payer. Il y en a assez, des dépenses, qui ne sont pas favorables à l’arrêt des travaux de façon fantaisiste », commente-t-il.
Ce qu’il faut retenir, la confiance s’érode entre le ministère des Mines et les partenaires guinéens. WCS n’en est pas rassurée. Aussi longtemps que l’anxiété va durer, les travaux resteront suspendus et les travailleurs qui sont en congés techniques depuis l’arrêt des activités ne devraient pas reprendre de sitôt.
C’est donc à se demander si la convention de base n’en sera pas affectée avec les retards accusés dans la réalisation du TransGuinéen.
On devrait attendre donc aussi longtemps que prévu, pour voir les premières tonnes du minerai de fer de haute teneur, sortir de terre et être exportées vers les sidérurgies qui piaffent d’impatience de les accueillir.
Cette impasse pourrait s’avérer préjudiciable pour ce méga-projet. Le manque à gagner est énorme.
Quel gâchis !
Dossier à suivre !
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