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Oignon en Guinée : un marché de 153 milliards GNF encore largement dominé par les importations!

La Guinée continue de dépendre fortement des importations pour satisfaire sa consommation d’oignons, alors même que le pays dispose d’importants atouts agricoles pour développer une production locale compétitive.

Selon une analyse basée sur les données de l’Institut National de la Statistique (INS), la demande nationale est estimée à près de 56 000 tonnes par an, sur la base d’une consommation moyenne de 4 kg par habitant pour une population de plus de 14 millions d’habitants. Ce marché représente un potentiel économique évalué à 152,8 milliards GNF par an.

Pourtant, l’essentiel de cette demande est couvert par les importations. Chaque mois, la Guinée importe environ 13 290 tonnes d’oignons pour une facture estimée à 36,3 milliards GNF. Une situation qui prive l’économie nationale d’importantes retombées en matière de création de richesse et d’emplois ruraux.

Le développement de la filière pourrait pourtant générer des revenus significatifs. Une couverture locale de seulement 25 % des besoins permettrait déjà de créer une valeur de plus de 38 milliards GNF dans les zones de production. À terme, l’autosuffisance offrirait l’opportunité de conserver l’ensemble de ce marché au sein de l’économie nationale.

La Moyenne Guinée, notamment le Fouta-Djalon, dispose de conditions favorables à la culture de l’oignon. Toutefois, plusieurs contraintes freinent l’essor du secteur : faibles capacités de stockage, pertes post-récolte élevées, insuffisance des infrastructures, accès limité aux intrants de qualité et manque d’organisation de la chaîne de valeur.

L’expérience du Sénégal et du Niger démontre néanmoins qu’une politique d’investissement ciblée dans le stockage, l’irrigation, les semences et la commercialisation peut transformer la filière en véritable moteur de croissance agricole et d’emploi.

Daouda Yansané