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Mobilisation des recettes : quand le ministère du Budget et la DGI se disputent la paternité de ce succès (Edito)

« Le succès a beaucoup de parrains, la défaite est orpheline », enseigne une célèbre maxime. Autour de la mobilisation des recettes fiscales, en constante progression depuis quelques années, se déclenche aujourd’hui une véritable guerre de leadership, chacun cherchant à s’approprier les mérites de ce succès. Les protagonistes ont un visage . Le ministère du Budget et la Direction générale des impôts (DGI).

Les soutiens de la DGI affirment sans détour que c’est grâce aux efforts de leur patronne que ces résultats flatteurs ont été obtenus. Des performances évaluées à plus de 100 % des prévisions budgétaires.
Au ministère du Budget, le discours est d’une tout autre tonalité. On y présente le ministre comme le véritable artisan de  mesures ayant permis l’accroissement des recettes.

Mais certains observateurs, plus critiques, estiment qu’il reste attendu sur des réformes qui porteraient réellement sa marque, notamment celle qui favoriseraient l’élargissement de l’assiette fiscale. Cela , malgré sa réputation d’ancien fonctionnaire international ayant occupé des postes enviables au FMI.
« Le succès de la mobilisation des recettes, c’est grâce au SAFIG », répète souvent le ministre Facinet Sylla, qui ne manque aucune occasion de vanter cet outil qu’il considère comme le véritable levier de la performance fiscale.

Le SAFIG, dont il vante les mérites et à qui l’on attribue cette prouesse, relève directement de son autorité. Sa gestion est indépendante de celle de la DGI . A préciser que le coordinateur du SAFIG ne reçoit ses ordres que du ministre et impose ses recommandations à la DGI pour exécution immédiate.

En réalité, ni l’un ni l’autre ne peut revendiquer le succès, c’est du moins un avis largement partagé.
« Tout le système est désormais dématérialisé. Les déclarations et les paiements se font instantanément, sans l’intervention des agents des impôts qui font d’ailleurs tout pour empêcher cela , avec leurs contrôles fiscaux impromptus. . Ce processus, amorcé sous le régime défunt, a été renforcé sous le CNRD, qui en a fait une grande priorité », explique un expert en fiscalité.
« C’est logique pour un régime de transition qui ne bénéficie pas de financements extérieurs et qui doit mobiliser ses propres ressources pour réaliser ses ambitions. Il faut non seulement mobiliser, mais aussi sécuriser ces recettes pour éviter les détournements. Et le SAFIG joue bien ce rôle. »

« À l’État, il n’y a pas de miracle à produire. L’outil fonctionne bien, c’est vrai, et la directrice bénéficie d’un concours de circonstances favorable. Mais il n’y a pas de nouvelles poches de recettes. Ce qui devait être un acquis collectif est devenu un sujet de rivalité entre deux responsables. » tranche notre interlocuteur.

En résumé,  l’accroissement des recettes fiscales est le fruit de la dématérialisation des procédures. Une reforme  désormais bien intégrée  dans les habitudes  de la gestion des services fiscaux .

Cependant , ont peut saluer  dynamisme apparent de l’actuelle responsable  des impôts, Foulah,  qui accompagne bien la mise en œuvre de ces reformes .

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