Émergence – Le gisement de fer de Kalia, dans la préfecture de Faranah, environ 360 km de Conakry, est tombé mercredi 14 mai, dans le portefeuille de l’Etat guinéen.
La concession minière d’une superficie d’environ 1381 km² renferme environ 124,2 millions de tonnes de fer de 48% de teneur, 789 millions de tonnes de fer 33,6 pourcent de teneur et de 4,7 milliards de tonnes de fer magnétique avec 58% de teneur.
La gigantesque mine de fer revient à l’Etat guinéen suite à un décret du président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, annulant une cinquantaine de concessions et permis d’exploitations industrielles et semi-industrielle sur la bauxite, l’or, le diamant et le fer. Elle était propriété de Bellzone Holding S.A, une filiale de Bellzone Mining Plc.
La convention de base signée en 2010 accordait une concession minière de 25 ans, renouvelable une ou plusieurs fois chaque fois pour une période de dix ans chacune.
Selon l’accord, l’investisseur devait développer, en fonction de ses conditions financières et du marché, une exploitation de minerai de fer d’une capacité de production et d’exportation de 50 millions de tonnes par an.
Il était prévéu de construire une unité de traitement du minerai, des installations de production d’électricité, un chemin de fer et un port pour l’évacuation du minerai.
La production devait démarrer en 2014 pour un investissement estimé à 4,45 milliards de dollars. L’Etat s’est engagé à accorder à l’investisseur une concession d’infrastructures pour réaliser les infrastructures d’évacuation en BOT (Build-Operate-Transfert).
En 2012 la compagnie a décroché sa license d’exploitation.
Une enquête menée par notre Rédaction met en évidence que le minerai avait été offert à Bellzone sur un plateau d’or.
D’abord l’Etat n’avait aucune participation gratuite dans le projet. Il avait seulement la possibilité de souscrire une participation qui ne devait excéder 15% du capital de Bellzone Holding. Auquel cas, les actions devaient être payer dans les délais requis, toutes les sommes représentant le pourcentage de sa participation dans le capital.
Un autre détail ahurissant. Bellzone devait bénéficier d’un crédit d’investissement. Cette allocation, représentant 5 % de tout investissement réalisé en cours d’exercice, était déductible du bénéfice imposable.
Par ailleurs, les représentants de l’Etat au moment des négociations ont consenti des exonérations de l’IMF (impôt minimum forfaitaire), de la contribution des patentes. Ils ont aussi accordé une exonération de la contribution à la formation professionnelle au taux de 1,5% de la masse salariale à condition que les dépenses de formation directement supportées et comptabilisées par la compagnie.
Tous ces avantages n’ont cependant pas permis à la société de passer à l’exploitation du minerai. D’ailleurs en 2022, un cabinet guinéen d’Audit et de Conseil lancera un appel d’offres pour l’acquisition de la concession minière de Kalia.
L’appel s’inscrivait dans le cadre d’un processus de vente des actifs de la compagnie Bellzone Holding qui avait sollicité du Tribunal la liquidation pour cessation de paiements des passifs estimés alors à 149 millions de dollars US.
Les juges estimaient les actifs disponibles à 1 million de dollars US, insuffisant pour couvrir les dettes de la compagnie.
Samuel Camara