Émergence – En Guinée, la convention collective des mines, carrières et industries assimilées est opposable aux parties signataires depuis le 1er août. Une entrée en vigueur pour le moins fracassante puisque deux compagnies sont déjà secouées par des mouvements d’humeur.
La convention a été paraphée le 14 février par les employeurs représentés par la chambre des mines de Guinée, la FEPAMGUI et la CGE-Gui d’une part, et le syndicat représenté par les centrales syndicales CNTG/FSPMCICA, l’USTG/FESAMICAG, UGTG/FMCIC d’autre part. Le tout, sous la médiation de l’Inspection générale du travail, les ministères en charge des Mines et du Travail.
Elle consacre, entre autres, le respect des droits syndicaux et de la liberté d’opinion, le dialogue et la conciliation et l’instauration d’une commission paritaire d’interprétation et de conciliation au niveau de chaque entreprise. Et encadre tous les aspects de la vie au sein des entreprises minières, allant par exemple des types de primes à prendre en charge, aux indemnisations en passant par le contrat de travail.
Mais là où la tension monte déjà et pour lequel les employés semblent prêts à ne pas se laisser faire, c’est bien au niveau du salaire de base minimum.
La convention fixe, en effet, ce seuil d’entrée à 2 600 000 francs guinéens pour les postes d’employés d’ouvriers non qualifiés dans les sociétés mères et à 1 820 000 francs guinéens pour les sous-traitants. Il est de 8 500 000 francs guinéens pour les agents de maitrise des sociétés mères et 5 950 000 francs guinéens pour les agents de la même catégorie pour les sociétés de sous-traitance.
Déjà deux compagnies minières et non les moindres sont durement affectées depuis l’entrée en vigueur du texte.
A Fria, Rusal Friguia a été contrainte de tourner au ralenti lundi 11 août suite à une grève lancée par le collège syndical pour exiger l’application de la convention. Le mouvement a affecté le fonctionnement normal de la raffinerie d’alumine. Une médiation menée par les sages de la localité a permis au syndicat de suspendre la grève. Un sursis est accordé à la société russe jusqu’au 5 septembre pour mettre en œuvre l’accord.
Pendant ce temps, CDM Chine mène d’âpre négociations avec les représentants syndicaux qui menacent d’aller en grève à partir du 18 août pour refus d’opérer des changements sur les salaires de base pour les autres grades non définis dans la convention collective. « Malgré les différentes démarches menées auprès des personnes ressources pour la résolution pacifique de la présente crise pour une cohabitation pacifique », déplore le syndicat.
La convention collective occasionne ainsi un véritable séisme au sein de l’industrie minière guinéenne, deux semaines seulement après son entrée en vigueur.
Le ministère du Travail et de la Fonction publique a dû adresser une correspondance à la Chambre des mines pour appeler au respect des dispositions du nouveau texte qui régit les rapports entre les compagnies et employés des mines et carrières.
Samuel Camara