Emergence – Les représentants syndicaux de la société minière CDM Chine menacent de déclencher une grève générale dans les jours à venir si la direction générale ne parvient pas à satisfaire aux revendications qu’ils viennent de lui transmettre.
Dans un préavis de grève daté du 4 août, le collège syndical reproche aux dirigeants leur refus d’appliquer la Convention collective des mines, en vigueur dans le pays depuis février.
D’ailleurs il soupçonne ces derniers de mauvaise volonté dans la mise en œuvre de ce texte approuvé pourtant par la Chambre des mines, la Fédération patronale des guinéens du secteur minier (FEPAM-GUI), la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI) et les principales centrales syndicales, sous une médiation du gouvernement.
“Malgré que le collège ait adressé des correspondances à la direction, dans le but de faire une simulation des salaires de base pour les autres grades non définis dans la convention collective des mines et carrières afin que chacun soit situé”, fulmine le collège syndical dans son préavis. Ajoutant que “malgré les différentes démarches menées auprès des personnes ressources pour la résolution pacifique de la présente crise pour une cohabitation pacifique.”.
Nos tentatives visant à joindre immédiatement les dirigeants de CDM Chine se sont avérées veines.
Le préavis court jusqu’au 16 Août à minuit. “Passé ce délai, si nous n’avons pas gain de cause à cette notification de préavis, le collège syndical se réservera le droit de déposer un avis de grève conformément aux dispositions légales”, prévient la note du syndicat.
Faut-il souligner que CDM Chine a exporté 10 millions de tonnes de bauxite en 2024, soit le sixième de rang.
Pour rappel, la convention collective à laquelle le syndicat fait allusion régit les relations de travail entre les employeurs et les travailleurs dans les secteurs des mines, carrières, industries minières et assimilées en Guinée.
Elle dispose que l’entreprise fournisse à la fin du premier trimestre de chaque exercice budgétaire, sauf cas de force majeure, à sa délégation syndicale, les informations financières et documents utiles concernant sa situation économique et financière, l’évolution des effectifs et de la rémunération sous réserve des informations confidentielles.
Côté rémunération, le document fixe le salaire de base minimum pour les postes d’employés et d’ouvriers non qualifiés à 2,6 millions de francs guinéens pour les sociétés mères et à 1,8 millions de francs guinéens pour les sous-traitants. Le traitement salarial des agents de maîtrise est de 8,5 millions de francs guinéens pour les sociétés mères et 5,9 millions de francs pour les sous-traitants.
L’entrée en vigueur de ce document semble avoir provoqué le déclic dans les compagnies apparemment moins pressées à augmenter les salaires des employés.
En juillet, les leaders syndicaux de Rusal Friguia s’étaient vus dans l’obligation d’adresser un préavis de grève pour « refus délibéré de la direction générale d’ouvrir les négociations sur le cadran catégoriel et la grille salariale ».
Samuel Camara