Émergence – Le candidat du Front Démocratique de Guinée à l’élection présidentielle du 28 décembre, Abdoulaye Yéro Baldé, promet dans sa campagne d’auditer le secteur stratégique des mines dans le but de protéger les intérêts du pays.
Dans son programme de société, Abdoulaye Yéro Baldé précise que l’audit complet et transparent du secteur minier pourrait déboucher sur une renégociation des contrats qui ne garantissent pas une juste part à l’État et aux populations.
Nous allons « élaborer une vision stratégique qui permet au pays de bénéficier davantage de ses immenses ressources naturelles et faire des ressources minières un catalyseur pour la diversification économique et le développement national », précise-t-il dans le résumé de son programme de gouvernance reçu par Émergence.
La Guinée dispose de plus de la moitié des réserves mondiales de bauxite, matière première utilisée qui est transformée en alumine, puis en aluminium. Quatorze compagnies minières qui produisent ce minerai en ont exporté 141,7 millions de tonnes en 2024.
Le pays abrite également Simandou, un gisement de fer de 3,3 milliards de tonnes, dont l’entrée en production le mois dernier suscite un immense espoir de réduire considérablement le taux de pauvreté.
A date, le secteur minier représente environ 85% des recettes d’exportation.
Un programme de 20 milliards USD d’investissement
Ancien vice-gouverneur de la Banque centrale de Guinée et ancien ministre de l’Enseignement supérieur, celui qui se présente comme « l’Alternative pour la Guinée » s’engage à doter le pays d’un Plan National de Souveraineté Alimentaire focalisé sur les filières rizicole, céréalière et les produits d’élevage.
Il s’engage à apporter un financement conséquent au secteur de l’industrie à partir des partenariat publics et privés, des taxes issues de l’industrie minière mais surtout de siffler la fin des exonérations fantaisistes.
Présenté par le parti Frondeg, il promet de créer un fonds de Garantie pour faciliter l’accès au crédit des PME et startups et de mettre en place un Fonds d’Investissement Ferroviaire avec un prélèvement de 1000 francs guinéens sur chaque litre et un financement de la Banque mondiale.
Son programme représente un investissement estimé à 20 milliards de dollars sur sept ans. « Ce chiffre est réaliste, crédible et calibré sur les standards internationaux », conclut-il.
Samuel Camara