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Guinée : l’américain Satarem prêt à investir 250 millions de dollars dans la valorisation des déchets en énergie

Emergence-Le secteur énergétique guinéen est sur le point d’accueillir un nouveau partenaire significatif. La société multinationale américaine Satarem Company USA Inc, reconnue pour son expertise dans la conversion des déchets en énergie, vient de dévoiler aux autorités guinéennes un projet ambitieux visant à transformer les déchets en électricité.

Cet investissement, qui repose sur un modèle de financement de type BOT (Build-Operate-Transfer), s’aligne parfaitement avec la vision stratégique nationale « Simandou 2040 ».

Une délégation de l’entreprise a rencontré le 10 mars 2026 la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla. Au centre de leurs discussions figurait la mise en place d’une installation industrielle conçue pour convertir en électricité les déchets solides, qu’ils soient ménagers ou provenant des systèmes d’assainissement.

Un financement de type BOT : une solution sans alourdir la dette publique

La particularité majeure de ce projet réside dans sa structure financière innovante. Il s’agit d’un investissement de 250 millions de dollars, des fonds déjà assurés grâce à des partenaires financiers à l’échelle mondiale. À l’opposé des infrastructures traditionnelles qui pèsent généralement sur le budget de l’État, Satarem met en avant un modèle contractuel de type BOT (Construire-Opérer-Transférer).

Cette approche permet à l’entreprise privée de prendre en charge le financement, la construction et l’exploitation de l’infrastructure pour une durée prédéfinie, avant d’en céder la propriété à l’État. Cela a pour avantage de restreindre l’accroissement immédiat de la dette publique, tout en assurant parallèlement une transmission précieuse de savoir-faire technologique.

Un double avantage : pour l’énergie et l’environnement urbain

En termes de fonctionnement, le projet prévoit de générer 30 mégawatts (MW) d’électricité. Bien que cette quantité puisse paraître limitée par rapport à la consommation totale du pays, elle représente un triple avantage stratégique, notamment pour Conakry et les autres agglomérations :

– La diversification du bouquet énergétique : en diminuant la dépendance envers les sources thermiques et hydrauliques, souvent soumises aux variations saisonnières.

– L’amélioration de la gestion des déchets : en transformant les dépenses liées à l’assainissement urbain en une source de richesse et d’énergie.

– Une contribution environnementale majeure : en participant activement à la transition écologique du pays, un axe fondamental du Programme Simandou 2040.

Un soutien gouvernemental à plusieurs niveaux

Témoignant de l’envergure de ce dossier, Satarem est en discussion avancée, dit-on, avec les ministères concernés : l’Assainissement, l’Environnement, l’Énergie et le Commerce. La Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir pleinement cette démarche, insistant sur le désir de la Guinée d’attirer des investissements directs étrangers (IDE) qui génèrent des retombées positives tant sur le plan environnemental que social.

Naplèlon