Malgré ses immenses réserves minières et son potentiel hydroélectrique, la Guinée reste classée parmi les pays les plus pauvres, freinée par la corruption et une exploitation limitée de ses ressources. Les derniers rapports internationaux dressent un constat alarmant.
Selon l’Indice de Développement Humain (IDH) publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Guinée figurait en 2023 parmi les pays les plus pauvres du monde, occupant le 179ᵉ rang sur 193 nations. Dans le même ordre d’idées, le rapport 2024 de Transparency International sur l’Indice de Perception de la Corruption classe le pays à la 133ᵉ place sur 180, avec un score de 28 sur 100. Ce classement confirme la persistance d’un niveau élevé de corruption, estimée à plus de 500 milliards de francs guinéens chaque année.
Une enquête d’Afrobarometer réalisée en 2020 révélait d’ailleurs que 63 % des Guinéens considèrent que la corruption a fortement augmenté au fil des années. Beaucoup estiment que l’absence de répression efficace de la part des autorités en est l’une des principales causes.
Pourtant, la Guinée regorge de richesses naturelles. Qualifiée de « Château d’eau de l’Afrique de l’Ouest », elle dispose d’un potentiel hydroélectrique de plus de 6.000 mégawatts. Cependant, la majorité des ménages vit encore dans l’obscurité. Le pays est également décrit comme un « scandale géologique », avec plus de 20 milliards de tonnes de réserves de fer, 40 milliards de tonnes de bauxite, d’importantes ressources aurifères et diamantifères, ainsi que 13,7 millions d’hectares de terres arables dont seulement 25 % sont exploitées.
Ces atouts, estiment les observateurs, devraient suffire à faire de la Guinée un modèle de prospérité en Afrique. Mais entre corruption endémique, mauvaise gouvernance et manque d’infrastructures, le potentiel du pays tarde encore à se transformer en véritable développement pour ses populations.
Daouda Yansané